Cette invitation du Christ pendant son agonie nous saisit. Il poursuit en disant : « Car l’esprit est ardent mais la chair est faible ». Combien cela est vrai ! Combien cela rejoint notre expérience ! Mais prier, c’est accepter de prendre du temps pour quelque chose qui nous semble si peu utile ! Mais prier c’est aussi faire l’expérience de notre pauvreté devant Dieu…

Comment nous exprimer, comment faire face aux distractions, comment traverser les sécheresses intérieures et parfois « nos démons », ces pensées qui nous obsèdent… Enfin il y a comme un vide. Pourtant si nous entrons dans la prière avec foi, et d’abord pour Dieu plus que pour nous-mêmes… alors quelque chose se passe, un peu comme le bruit d’une source que le silence de la nuit permet d’entendre… un peu comme une présence que l’on discerne au plus profond de la nuit… et voilà que nous découvrons « le trésor enfoui » et petit à petit notre vie se transforme… C’est cette expérience que nous sommes appelés à vivre en Carême d’une façon plus forte, et particulièrement lors de l’adoration au cours de la nuit du jeudi saint 18 avril au vendredi saint 19 avril. C’est en cette nuit que Jésus agonisa, c’est en cette nuit qu’il chercha des disciples pour « être avec lui, car son âme était triste à en mourir ». Serons-nous là au rendez-vous, pour soutenir le Christ et en lui nos frères et soeurs humains qui agonisent et combattent contre la puissance du mal.

En attendant voici une prière de sainte Faustine trouvée dans son petit journal au numéro 163
« Je désire me transformer tout entière en Ta miséricorde et être Ton vivant reflet, ô Seigneur ! Que le suprême attribut de Dieu, son insondable miséricorde, passe par mon âme et mon coeur pour aller vers mon prochain.
Aide-moi, ô Seigneur, pour que mes yeux soient miséricordieux, que je ne soupçonne et ne juge jamais personne selon les apparences, mais que je voie ce qui est beau dans l’âme de mon prochain et que je lui vienne en aide.
Aide-moi, Seigneur, pour que mon oreille soit miséricordieuse, pour que je sois attentive aux besoins de mon prochain et que je ne sourde à sa douleur et à ses plaintes.
Aide-moi, Seigneur, pour que ma langue soit miséricordieuse, que je ne critique jamais mon prochain, mais que j’aie pour chacun une parole de consolation et de pardon.
Aide-moi, Seigneur, pour que mes mains soient miséricordieuses et remplies de bonnes actions, pour que je ne sache faire que du bien à mon prochain et que je me charge des tâches les plus pénibles et les plus ingrates. Aide-moi, Seigneur, pour que mes pieds soient miséricordieux, que je me hâte toujours de venir à l’aide de mon prochain en dominant ma fatigue et ma lassitude. (...)
Aide-moi, Seigneur, pour que mon coeur soit miséricordieux, que je sois compatissante aux souffrances de mon prochain.
(...) Que Ta miséricorde repose en moi, ô mon Seigneur ! »

Guillaume Villatte,  prêtre
Curé du Plessis-Bouchard et de Franconville-gare