Dans la nuit du 7 au 8 juillet, avec une amie, nous sommes allées à la Basilique du Sacré-Cœur, pour une nuit d’adoration. Montmartre fête le jubilé des 125 ans de l’Adoration Eucharistique Continue. Depuis l’année 1885, une longue chaîne de prière ininterrompue est portée par la ferveur de tout un peuple. Il est possible de se tenir devant le Saint Sacrement pendant la journée mais la nuit est encore plus propice au recueillement.

A 22 heures, nous assistons à la messe, dans le cœur de la basilique, dans un profond recueillement. Tout facilite la prière et l’action de grâce : la beauté des mosaïques, la lumière des bougies, ainsi que la grande figure du Christ aux bras ouverts, qui nous accueille audessus du Saint Sacrement, toujours exposé. Il n’est caché que pendant la célébration des messes. A la fin de la messe, les portes du Sacré-Cœur se ferment, et tous ceux qui se sont inscrits pour la nuit, restent et prient avec Jésus et Marie. Le silence profond qui règne dans la basilique, la beauté qui nous entoure, tout cela nous permet de rentrer dans un cœur à cœur avec Jésus, de lui confier nos peines et nos joie. Face à la présence réelle de Jésus, dans une confiance absolue, nous nous abandonnons et nous lui ouvrons nos cœurs. Les sœurs qui nous ont accueillis avec un grand sourire, nous ont parlé de l’adoration avant la messe, ce qui nous permet de nous recentrer sur la prière quand notre esprit s’évade, repris par les soucis et les joies de la vie quotidienne. Souvent, nous prions deux heures en continu ou à deux moments différents de la nuit. Entre temps, nous nous reposons dans des petites cellules situées sous la basilique.

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Pour beaucoup d’entre nous, la vie est pleine, très occupée, stressée. Nous courons sans toujours pouvoir maîtriser ce que nous voudrions vivre. Les nuits d’adoration au Sacré-Cœur nous permettent alors d’accomplir des pauses bienfaisantes et restauratrices. La nuit calme et silencieuse, la présence de Jésus qui nous ouvre ses bras, rétablit en nous une sérénité que nous avions perdue.

Dans le cœur de Montmartre, nous nous sentons en communion avec ceux qui sont autour de nous, ceux qui vivent autour de la basilique. Nous sentons notre cœur battre avec ceux qui veillent et dorment dans l’immense ville au pied de la colline, ceux qui peinent, ceux qui rendent grâce au Seigneur pour tous ses bienfaits. Nous pouvons prier pour tous ceux qui souffrent de la faim, de la solitude, de l’abandon, d’une maladie, tous ceux affectés par des catastrophes naturelles, ceux qui n’ont pas la chance de vivre dans nos pays développés et qui manquent de tout.

Le lendemain matin, apaisées et ressourcées, traversant un Paris qui s’éveille et s’étire peu à peu, nous repartons dans notre vie, fortifiées et joyeuses.

Marie-Hélène ROCHER