Sous ce titre, un synode se tient, en ce moment au Vatican et se terminera le 27 octobre. Il avait été décidé par le pape le 15 octobre 2017, en réponse à certaines conférences épiscopales d’Amérique latine. Lesquelles, témoins de conditions de vie de plus en plus pénibles des Indiens de leurs diocèses, l’en avaient alerté, souhaitant mobiliser ainsi toute l’Eglise. De quoi s’agit-il ? Du joug subi par quelque trois millions d’Indiens vivant soit dans la forêt, soit sur les rives du fleuve Amazone dans les neuf pays composant l’Amazonie (Brésil, Colombie, Pérou, Bolivie, Equateur, Vénézuela, Guyane française, Guyane anglaise et Surinam ). Et ce, du fait, écrit Victor Codina, théologien jésuite catalan (qui a habité en Bolivie de 1982 à 2018), de « l’exploitation minière (illégale, légale), des multinationales du secteur pétrolier, de l’exploitation forestière, des monocultures, des mégaprojets hydrauliques, des produits agrochimiques toxiques, etc. qui provoquent la destruction de l’habitat, le changement climatique et détruisent la biodiversité » (1). Et d’y ajouter : le trafic de drogue, la présence de groupes armés, les attaques contre la culture et l’identité autochtones (expulsions de nombreux Indiens de leurs territoires vers la périphérie des villes, persécutions et assassinats). »

L’interpellation par ses confrères a ainsi offert au pape François l’occasion de donner un « enfant », a-t-il dit, à son encyclique « Laudato Si » : un synode sur l’Amazonie. Synode dont l’objectif principal est « d’identifier de nouvelles voies pour l’évangélisation de cette portion du peuple de Dieu, spécialement les indigènes souvent oubliés et sans perspective d’un avenir serein ».

Plus concrètement, selon le cardinal péruvien Pedro Ricardo Barreto, il s’agit « de créer les conditions permettant aux populations qui habitent le vaste territoire amazonien de vivre dans la dignité et de regarder l’avenir avec espoir. »(cf. Vatican News, 17 juillet 2019). Par ailleurs, sujet extrêmement sensible pointé par le document de travail du synode : le manque de prêtres. Il prive quelque 800 communautés dispersées dans la forêt amazonienne de recevoir l’eucharistie plus de deux à trois fois par an. Un vrai souci pour Mgr Erwin Kräutler, évêque austro-brésilien, qui « espère vivement qu’en plus de discuter de la protection de l’environnement et des droits des peuples autochtones, le synode débattra de l’ordination de « personnes mariées ayant fait leur preuve ». Tandis que pour Emmanuel Laffont, évêque français de Cayenne, l’urgence est « avant tout d’écouter le cri des peuples de la forêt, se demander comment les rejoindre, comment les aider à manier cette modernité qui les rattrape et engouffre leurs enfants » (« La Vie », 26.09.19) Pourquoi pas ce débat ? Mais gageons qu’en cette circonstance, les medias se jettent sur le sujet, occultant le cri des peuples de la forêt (2).

Jacqueline HUBER

(1) Cf. le Dial, « Diffusion de l’information sur l’Amérique latine » mis en ligne le 27 septembre 2019. (2) Pour en savoir plus sur les « Risques et chances du synode pour l’Amazonie » (Victor Codina, Dial, Diffusion de l’information sur l’Amérique latine): https://www.alterinfos.org/spip.php?article 8527