Célèbres pour avoir été à l’origine du phénomène mondial « Indignez-vous ! » de Stéphane Hessel, les éditions Indigène publient, jeudi 7 mars, Révolution fraternelle, le cri des pauvres, sous la plume de Véronique Fayet. À travers ce manifeste de 36 pages, conçu pour être « un livre d’espérance », la présidente du Secours Catholique invite à donner la parole aux plus précaires, afin d’y puiser les solutions pour construire une société plus juste.

Véronique Fayet trouve que ce livre arrive au bon moment parce qu’on y parle du "cri des pauvres", et au-delà, du "cri de la planète" et du "cri de la démocratie". Ce qui lie cet ouvrage à l’actualité du mouvement des "gilets jaunes" et du lancement du grand débat national, c’est l’idée qu’il faut donner la parole aux personnes qui ont des vies très difficiles, les plus fragiles, et qu’il faut reconstruire la société à partir d’eux. Ce que l’on n’a jamais fait finalement, on a toujours pensé et décidé à leur place. Aujourd’hui, il y a peut-être une occasion unique d’envisager de reconstruire une société qui va "dans le bon sens" - plus juste, avec moins d’inégalités, moins d’exclusion - à partir de leur cri de souffrance et de colère et de leurs propositions.
L’enjeu était de prendre des exemples significatifs dans la vie des gens et de donner une espérance. Car ce livre se veut un livre d’espérance. Il montre que, de fait, la révolution fraternelle est déjà là : beaucoup de choses se font, et se font bien dans le domaine de l’inclusion bancaire, de l’emploi, de la migration. Par exemple les expériences de « Territoires zéro chômeur de longue durée » sont porteuses de promesses à encourager. L’idée est de permettre aux lecteurs de comprendre ce qu’est la pauvreté, qu’elle ne se limite pas aux personnes qui vivent en-dessous du "seuil de pauvreté", mais qu’elle touche aussi des personnes qui se sentent pauvres, notamment parce qu’elles ont du mal à joindre les deux bouts. Ce sont d’ailleurs ces personnes que l’on retrouve en grande partie dans le mouvement des "gilets jaunes".
Véronique Fayet a voulu montrer, par des exemples concrets, et non pas par de grandes théories, comment on peut répondre à ce problème de la pauvreté, que les solutions s’ancrent dans les territoires, à l’échelle locale, et dans l’expérience et le savoir-faire des personnes fragiles.