La crise sanitaire n’a pas effacé la crise sociale et politique. La crise sanitaire est une conséquence indirecte de la crise écologique. La crise sanitaire est à l’origine de la crise économique que l’on annonce. Sale temps pourrions-nous dire ! Et de fait les conséquences de ces crises vont être rudes pour beaucoup d’entre-nous, directement ou indirectement. Nous voyons aussi les relations internationales se tendre, des luttes d’influence et des guerres commerciales vont faire rage…

Devant un tel panorama nous pourrions être tentés par un dégoût et une perte d’espérance. Mais nous savons, par expérience et par le témoignage de l’histoire, que les temps de crises sont des opportunités. D’une certaine façon tout devient possible ; les verrous, les blocages, les postures sont dépassés… Il est enfin possible d’aborder les questions de fond avec une plus grande liberté intellectuelle. Un temps de crises, c’est un corps en croissance qui ne peut plus se comporter comme avant, revêtir les vêtements d’avant car ils sont trop petits et ne lui permettent pas des gestes amples. La foi en Jésus-Christ, alpha et oméga de l’univers et de son histoire, victorieux de la puissance du Mal et de la Mort (Apocalypse 1 et 2)… Cette foi nous permet d’accueillir ce temps de crises comme une opportunité que Dieu nous offre afin de coopérer à l’oeuvre de l’Esprit Saint. En nous engageant profondément dans des modes de vie plus équilibrés et plus humains, en participant activement aux débats de la société civile avec l’éclairage de notre foi, nous permettrons que cette crise enfante une nouvelle civilisation plus respectueuse des personnes fragiles, de la nature et des équilibres humains nécessaires à l’épanouissement de tous. St Jean-Paul II parlait « d’une civilisation de l’amour ».

Cela va nous demander un effort moral et intellectuel, un enracinement plus profond dans la foi et la vie de l’Église, de la communauté chrétienne. Effort moral pour que nos modes de vie soient davantage empreints de l’Évangile et de sa simplicité, de sa sobriété. Effort intellectuel pour mieux entrer dans l’intelligence de la foi et ses répercussions sociales, politiques, économiques… Enracinement plus profond dans la vie de l’Église par une vie fraternelle et l’expérience commune de recevoir le don de la vie éternelle à la source des sept sacrements de la foi. C’est au fur et à mesure de ce cheminement que nous ferons l’expérience qu’évangéliser, c’est apporter une espérance et des modes de vie qui libèrent du matraquage médiatique et de la consommation à outrance.
Quelle Bonne Nouvelle ! Quelle joie ! en perspective…

Guillaume Villatte,  prêtre
Curé du Plessis-Bouchard et de Franconville gare