 LES MIGRANTS SONT PAUVRES ET NOUS COUTENT TROP CHER

Les études montrent que les migrants apportent plus à l’économie française qu’ils ne reçoivent. « Globalement, la contribution des immigrés au budget des administrations publiques en 2005 était positive de l’ordre de 12 milliards d’euros »(rapport RAGOT devant l’Assemblée nationale fin 2010). Les immigrés occupent souvent des emplois moins qualifiés et sont davantage touchés par le chômage. Mais ils sont aussi plus jeunes et donc contribuent beaucoup plus aux budgets retraite et santé (les ¾ de nos dépenses sociales) alors qu’ils en bénéficient moins.

 LES MIGRANTS NE SAVENT PAS ET NE VEULENT PAS S'INTEGRER

C’est ce qu’accréditaient ces dernières années de très hauts responsables politiques. Or de très nombreux rapports montrent que pour l’immense majorité des migrants, si l’intégration prend du temps, au final, elle fonctionne. Par ailleurs, le migrant ne saurait être rendu seul responsable de ces prétendues difficultés à s’intégrer. Une étude du Migration Integration Policy Index (Mipex) souligne que la France « a, à l’égard des nouveaux arrivants, les politiques d’intégration les moins favorables et les plus contradictoires des grands pays ». De plus, nombre d’étrangers diplômés ne peuvent exercer en France la profession pour laquelle ils ont été formés. Et bien des difficultés d’intégration sont d’abord la conséquence d’une exclusion sociale et d’une précarité économique.

 MIGRANTS=DELINQUANTS

On constate d’année en année un accroissement de la délinquance – calculée en nombre d’interpellations – de la part d’étrangers. Mais l’Observatoire de la Délinquance nuance fortement ce constat : l’exclusion sociale joue un rôle majeur dans cet accroissement et, pour les vols à la tire et à l’étalage, les mêmes sont parfois interpelés plusieurs fois. Enfin les montants concernés par ces petits larcins, très désagréables, sont sans commune mesure avec les délinquances économique et financière, plus graves mais moins souvent réprimées et moins ressenties.

 MIGRANTS=MUSLMANS=PROBLEMES

Régulièrement dans l’histoire, la religion a été identifiée comme obstacle à l’intégration. Voir l’hostilité suscitée dans le Sud-Ouest à l’arrivée des protestants d’Alsace et le rejet du catholicisme des immigrés italiens et polonais par la France laïciste entre les deux guerres. Pour beaucoup de chercheurs, la « diabolisation » de l’islam s’inscrit dans cette longue histoire, avec des ressorts spécifiques : l’émergence et la sur-médiatisation de franges extrémistes au sein des multiples courants qui traversent l’islam. Or dans les faits, quelles que soient leur origine et leur religion, les migrants suivent un même processus d’intégration. S’il existe aujourd’hui un islam de France, c’est bien parce que ce processus est en marche. Son avancée suppose un dialogue constant de la part de tous.

(source : Pastorale des migrants)