Tous les ans, elle est proposée à l’attention, à la prière et à l’initiative de tous les chrétiens. Cette « semaine » a déjà une longue histoire. Son contenu a évolué au cours des temps. Jadis, surtout chez nous, les catholiques, on concevait l’unité sur le modèle de l’intégration. Autrement dit, une des Eglises – en raison de la Vérité qu’elle possède – doit absorber les autres Eglises et attend d’elles un acte de reddition. Cet oecuménisme est mort au 2ème concile du Vatican (du moins, espérons-le).

L’autre manière de voir l’oecuménisme, celle de l’Eglise catholique depuis Vatican II, est une émulation dans la communion : on ne voit pas d’abord ce qui nous oppose, ce qui nous met en face à face, mais d’abord ce qui est commun, ce qui nous met côte à côte, pour avancer vers le même Seigneur, Jésus-Christ. C’est Lui, la Vérité (Jean chap XIV). S’Il est déjà en nous comme nous le croyons, Il est aussi devant nous, et c’est vers Lui qu’il nous faut marcher sans croire que nous Le « possédons » comme on possède ses clefs ou son portefeuille. Le but de la vie chrétienne, c’est au contraire d’avancer pour nous laisser « posséder », imprégner, transformer, transfigurer par Lui, sans jamais imaginer que nous aurions mis la main sur Lui, que nous L’aurions annexé, colonisé. Le Christ est la seule Vérité que nous cherchons, vers laquelle nous tendons.

Cette recherche est bien conforme à ce que le Seigneur attend de nous, Lui qui, la veille au soir de sa Passion, a prié le Père : « Que tous sont un en nous pour que le monde croie » (Jean chap XVII). Il existe des endroits où l’on organise des temps de prière commune entre catholiques et orthodoxes de diverses obédiences, luthériens, calvinistes, dans leurs lieux de cultes et à la paroisse catholique ; des rencontres avec divers intervenants ; des invitations à telle communauté catholique de rite oriental, chaldéen arménien, copte, syriaque ou autre à venir célébrer leur liturgie du dimanche avec nous, ce qui donne à notre messe un caractère un peu exotique tout en nous ouvrant à une catholicité plus large que celle des « latins » que nous sommes. Et c’est bien là où c’est possible. Cela crée des liens et fait tomber des préjugés.

Mais l’unité n’est-elle pas déjà à vivre entre nous avant même de susciter des évènements exceptionnels ? Se parler entre nous au-delà du cercle de ceux que nous connaissons déjà. Aller, en entrant à l’église ou en en sortant, à la rencontre des personnes que nous ne connaissons pas ou envers lesquelles nous ne nous sentons pas a priori d’atomes crochus. Tisser des liens entre catholiques, autres que ceux que chacun peut avoir avec le prêtre. Aborder les familles en deuil invitées à la messe du dimanche après des obsèques … Lors de mon arrivée au Plessis, une jeune femme étrangère m’a dit participer seule à la messe chaque dimanche pendant 2 ans sans avoir lié connaissance avec personne. L’unité ? Le chantier reste ouvert au Plessis !

Père Jean-Pierre