La semaine écoulée fut rude sur bien des points ! Comme membres de l’Église, nous sommes blessés ; nous sommes aussi solidaires puisque membres du Corps du Christ qui est l’Église. Les jours écoulés ont été aussi rudes pour nos frères juifs et là aussi nous sommes appelés à nous faire proches. « Ils sont nos frères aînés » ! Il y a eu aussi, mais là les médias l’ont moins relayé, plusieurs profanations d’églises et de la Sainte Eucharistie… Reconnaissons que la puissance du Mal est forte ! Reconnaissons que cela risque d’abîmer notre foi en l’Église, notre espérance dans la vie du monde. Reconnaissons que l’action du Mal est « sale », « bête »… Le Mal « défigure l’Homme », le Mal produit l’hypocrisie…
Jésus enseigne en saint Jean : «… le diable est père du mensonge, il veut la mort de l’Homme depuis l’origine du monde. » (Jean, 8 44) Nous devrions reconnaître ensemble que l’esprit du Mal a prise sur nous et sur la société à travers des déséquilibres de vie, ses excès et notre démesure…

C’est à partir de cette reconnaissance que nous pouvons avoir une certaine prise sur ces évènements. Car dans nos familles, dans nos vies personnelles, au travail… nous participons à ces déséquilibres de vie, aux excès et à la démesure de toute notre société. Nous pouvons lutter concrètement en cherchant à développer davantage la qualité de nos relations ; nous pouvons réduire nos excès, nos démesures quotidiennes… Les façons de vivre qui nous imprègnent, que les médias et lobbys proposent sont marquées par l’égoïsme et la satisfaction démesurée de nos plaisirs… L’Esprit Saint dit par la bouche de St Paul :

« Faites donc mourir en vous ce qui n’appartient qu’à la terre : débauche, impureté, passion, désir mauvais, et cette soif de posséder, qui est une idolâtrie. » (Colossiens 3, 5) Comment porter les blessures de l’Église, de l’humanité, comment porter le retentissement de ces blessures en nous ? Ne sommes-nous pas appelés à y reconnaître une blessure du Christ en sa passion. Une blessure que nous portons avec le Christ confiant au mystère de la rédemption et en la puissance de la résurrection. C’est sur ce chemin que l’Esprit va conduire notre Église pendant le Carême, et il le fait pour le renouveau de notre monde.

À la fin de cette réflexion, je reste émerveillé par la beauté de l’Église, la beauté de notre communauté chrétienne, la beauté du cheminement et de la progression d’un grand nombre d’entre nous. « Je crois en l’Église, une, sainte, catholique et apostolique ». Je crois que le Christ poursuit son oeuvre de salut à travers le ministère de l’Église.

Guillaume Villatte,  prêtre
Curé du Plessis-Bouchard et de Franconville-gare