Lorsque le souffle de la Pentecôte fortifie les Apôtres et les premiers disciples, lorsque ce souffle attire et ouvre le coeur de la foule à croire et à se faire baptiser (trois mille hommes !)… alors apparaît l’Église. Elle était déjà constituée depuis la mort et la résurrection du Seigneur et particulièrement depuis son Ascension à la droite du Père. Elle restait cependant comme à l’intérieur d’elle-même, encore apeurée de témoigner du Christ mort et ressuscité au tout venant. C’est bien ainsi que le Christ annonçait la Bonne Nouvelle du Règne de Dieu sur les places publiques… (Acte, chapitre 2).

Il est étonnant qu’à la Pentecôte le souffle de l’Esprit Saint soit « un violent coup de vent » ! Ce n’est pas une brise légère, le fin murmure du silence, ni même une belle et pacifique colombe. C’est un feu qui brûle le coeur d’un amour ardent, c’est un violent coup de vent qui fait des ouvertures et pousse les Apôtres devant la foule. Ils sont comme mis par Dieu « au pied du mur » pour témoigner de la mort et de la résurrection du Seigneur !
À l’Ascension, Jésus disait aux Apôtres d’attendre « la Force d’en Haut » qui ferait d’eux des témoins jusqu’aux extrémités de la terre pour réconcilier les hommes avec Dieu. Jean-Baptiste disait du Christ qu’il baptiserait « dans l’eau et le feu ».

L’Église de France, et pour nous notre diocèse, est en train de vivre « cette conversion missionnaire » : de notre évêque à chaque famille, en passant par nos communautés paroissiales. Allons-nous rester frileux ? Allons-nous rester au chaud ? Ou bien allons-nous accepter de parler plus ouvertement de notre joie de croire ? Allons-nous poser des choix de vie – au quotidien – qui soient davantage inspirés de l’Évangile et un peu moins de notre éducation ?

Quand François d’Assise entend le Christ lui demander de « rebâtir son Église », ce qu’il comprend c’est de remettre en état les chapelles où il prie. Par contre il change sa façon de vivre en cherchant à mieux mettre en pratique les paroles du Christ dans l’Évangile. Il devient ainsi un véritable adorateur de Dieu accueillant à tous et témoin du Christ mort et ressuscité. C’est ainsi que sans l’avoir cherché, il permettra à Dieu « de rebâtir son Église » ; en effet à son époque elle était très décadente dans le clergé, chez les religieux et religieuses. Je crois sincèrement que ce témoignage de St François d’Assise nous a été redonné par Jean Vanier. Il n’a pas restauré des chapelles mais une qualité de relation avec les adultes handicapés. La fécondité de son rayonnement ne fait que commencer. Elle promet un renouveau pour notre Église dans le monde entier.

SAURONS-NOUS PRENDRE NOTRE PART À CETTE OEUVRE EN ACCEPTANT DE NOUS LAISSER CONVERTIR VRAIMENT ? Que l’Esprit de Pentecôte renouvelle ce qu’il a fait il y a un peu plus de deux mille ans. Ensemble prions-le avec ferveur tout au long de cette semaine.

Guillaume Villatte,  prêtre
Curé du Plessis-Bouchard et de Franconville gare