Dans nos familles et avec nos amis, lorsqu’un proche commence à prendre un chemin mauvais, nous savons le dire et en parler avec lui car nous l’aimons. C’est parce que nous l’aimons que nous n’acceptons pas qu’un parent, un conjoint, un enfant, un ami se laisse enfermer dans un chemin mauvais. Je me souviens d’un couple ami, il y a fort longtemps… L’épouse me contacte et me raconte comment son mari se laisse prendre par un groupe sectaire… Elle vient de parler avec lui et il commence à comprendre. Le choc est rude ! Je suis appelé pour relire cette expérience avec eux et leurs enfants. Il a fallu du temps pour que l’épouse ose ; il a fallu un grand amour pour rester fidèle plutôt que partir, rester fidèle et tenter une énième démarche de vérité. Ce fut la bonne. C’est bien le même comportement qui anime les parents vis-à-vis de leurs enfants. Avec cet équilibre délicat entre respect du cheminement et de la différence et en même temps l’exigence de l’amour, de la vérité et du bien…

N’est-ce pas pour cela que le Fils éternel du Père s’est incarné et a partagé notre vie avec toute sa fragilité ? N’est-ce pas pour cela qu’il a affronté la puissance du Mal et de la Mort et nous en a libérés ? « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime » (Jean 15, 3). C’est cet esprit qui doit aussi nous animer dans nos rapports avec les personnes de culture musulmane et les croyants de l’islam. Parce qu’au nom du Christ nous sommes appelés à les aimer et les respecter, il nous faut aussi oser leur parler et parfois les mettre devant leurs contradictions. Devant ce qui de leurs contradictions laisse libre place au Mal, à la violence et au meurtre.

Pour ma part, il me semble que quelque chose manque tant que les simples croyants n’arriveront pas à manifester en masse pour dire qu’ils sont contre l’interprétation violente de certains versets du Coran. Il ne suffit pas que quelques intellectuels ou imams le fassent. Car dans leur religion, il n’y a pas vraiment d’autorité régulatrice. Si quelqu’un cite un verset du Coran, il aura le dernier mot…
Où sont nos amis musulmans lorsque le père Hamel se fait trancher la gorge ? Où sont nos amis musulmans quand Samuel Paty se fait décapiter… Et encore jeudi dernier à Nice ! Ils ont peur… et on peut le comprendre ! Peur des extrémistes de leur religion. Peur des extrémistes politiques de notre pays. Tant qu’ils auront peur, ils seront dominés par les violents. À nous de les aider à sortir de cette peur, au nom du Christ qui nous dit : « N’ayez pas peur » ! S’ils se taisent aujourd’hui, demain ce seront eux les victimes des islamistes, c’est déjà ce qui se passe dans les pays musulmans.

Guillaume Villatte,  prêtre
Curé de la paroisse du Plessis-Bouchard et de Franconville gare

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