Le 5 décembre dernier, dans la salle du Bon Pasteur, une trentaine de forces vives des Pôles Missionnaires « Enfance et Jeunesse » et « Formation des adultes » ont répondu à l’invitation du père Guillaume et de l’EAP. Et ils ne l’ont pas regretté. Ils sont chargés d’enseigner, de transmettre et de communiquer la Parole et ils étaient impatients d’écouter la réponse de Mgr Lalanne, dans le cadre de sa visite pastorale, à leurs questions ancrées dans la vie réelle.

mgr lalanne au Plessis 10 17 messe .jpg

Tout d’abord, l’évêque a invité chacun à partager son « histoire de foi » avec autrui. C’est comme dans une équipe de foot. Les joueurs ont le sentiment de faire partie du même club que les remplaçants, les entraîneurs, les spectateurs des stades et même ceux qui les regardent à la télévision. C’est ce sentiment d’appartenance à une même communauté qu’il faut encourager, en respectant le niveau d’engagement et de foi de chaque membre. Et c’est à faire dès le premier accueil, sans juger, car c’est aussi pour beaucoup le premier visage de l’Église. À une question sur le baptême des enfants d’un couple homosexuel, Mgr Lalanne a surtout écarté « la double peine » pour ne pas refuser le sacrement. Et il dresse alors le schéma des trois dimensions de la morale : la morale universelle s’appuie sur l’amour (« aimez-vous les uns les autres »), la morale particulière résulte des lois et des commandements et la morale singulière résulte des choix individuels, et les trois dimensions sont en interaction. Même vis-à-vis des personnes qui ont fait le choix du divorce, du mariage gay, ... « qu’est-ce qui empêche la communauté de les accueillir tels qu’ils sont ? ».
Mais alors, à quel moment peut-on proposer la foi ? Mgr Lalanne demande de respecter l’histoire de foi de chacun : il y a la foi reçue en héritage, la foi célébrée et découverte lors des offices, la foi vécue dans son quotidien ou à l’occasion d’un évènement heureux ou douloureux. Cette histoire peut expliquer un blocage à l’encontre d’un sacrement. Et c’est le rôle particulier des prêtres de discerner le moment où une parole de foi peut libérer une personne meurtrie. Comme l’a dit Mgr Lalanne, il faut d’abord « écouter et comprendre sa demande réelle avant de l’inviter à faire un bout de chemin avec l’Église ».
Cette démarche patiente et réaliste est à méditer par la communauté paroissiale. Que soit remercié notre évêque pour son franc-parler salutaire.
Michel Rocher