Tout semble passer sans laisser de trace comme l’eau qui coule sous un pont ! Il y a quelques jours, nous ne pouvions échapper à la parution d’un livre qui ne va sans doute pas marquer un tournant dans l’histoire de la littérature, mais dont on nous sommait de prendre en considération les « révélations ». Pensez donc ! Une des compagnes du président ! … Qui en parle encore aujourd’hui ? Il a rejoint sa place, les poubelles de l’Histoire. Le feu de l’actualité s’est déplacé depuis, glissant superficiellement vers d’autres sujets tout aussi « captivants ».

Ainsi en va-t-il pour toute chose, même tellement plus importante. C’est le cas de l’écho de ce que vivent nos frères, les chrétiens d’Orient, et plus spécialement ceux d’Irak et de Syrie. Un instant sous le projecteur médiatique pendant l’été, même de la part d’organes de presse habituellement peu sensibles au fait religieux (sauf cas de scandale), voilà qu’ils ont disparu des écrans. Pourtant leur calvaire continue. Ecoutons Mgr Gollnisch, directeur de l’Oeuvre d’Orient : « Avertis un vendredi matin qu’ils devaient fuir leur maison, abandonner tous leurs biens, leurs voitures, leurs valises, ils ont été recueillis, souvent après plusieurs kilomètres à pied … Des centaines de milliers de personnes en fuite sur les routes et de nombreuses familles dormant dans les rues, chassées en pleine nuit de chez elles dans un pays où la température monte jusqu’à 50° … Ces réfugiés auraient pu garder leurs biens s’ils avaient accepté de devenir musulmans, ce qu’aucun n’a fait. Il n’y a pas eu de morts chrétiens malgré les menaces, mais un musulman a été abattu pour les avoir aidés. Nous rendons grâce pour la foi et le courage de ces chrétiens : s’ils sont habités par un grand sentiment de douleur et d’injustice, nous n’avons jamais entendu de paroles de haine ou de vengeance.

Beaucoup souhaitent quitter l’Irak Que souhaiter d’autre quand on se trouve à la rue, traumatisés par de tels évènements ? Mais les 400.000 chrétiens d’Irak peuvent-ils partir ainsi ? Le veulent-ils vraiment ou subissent-ils une solution contrainte par la situation ? Et doivent-ils partir sans espoir de retour ? En tout cas, leur départ signifierait le départ de toutes les autres minorités et, en un certain sens, la victoire des terroristes. La région n’en deviendrait que plus explosive … »
Ne les oublions pas !

Père Jean Pierre