« Je sais que lorsqu’il s’agit de définir précisément ce qu’est la mission de l’Église et ce que signifie « être missionnaire », les passions se déchaînent et les points de vue divergent selon les sensibilités, les générations, les expériences de vie, les options théologiques, le contexte culturel ! Ce sont des points de vue différents qui permettent une vision en relief et en perspective.
La question appelle une réponse à la fois universelle et contextualisée. C’est pourquoi l’enracinement biblique de la réfexion est primordiale.

Aux chapitres 9 et 10 de l’évangile selon saint Luc, l’envoi en mission des Douze puis des soixante-douze, préfigurant la mission universelle de l’Église à la suite du Christ, est une belle source d’inspiration, pour prolonger, aujourd’hui, l’écriture des Actes des Apôtres dans notre terre du Val-d’Oise.
Lc 9, 1-2 : « Jésus rassembla les Douze ; il leur donna pouvoir et autorité sur tous les démons,et de même pour faire des guérisons ; il les envoya proclamer le règne de Dieu et guérir les malades. »
La mission comporte donc initialement deux aspects : PROCLAMER LE RÈGNE DE DIEU ET GUÉRIR LES MALADES, c’est à dire faire retentir le Kérygme et prendre soin. Ces deux aspects sont indissociables, comme les deux faces d’une même médaille. C’est bien ce que firent les Douze (lire la suite dans saint Luc)… Prêcher le Royaume de Dieu, guérir les malades, se donner en nourriture, entrer dans la vie eucharisitque, cela s’organise. C’est un point essentiel de l’envoi en mission des Douze que je désire souligner. On peut s’étonner que Jésus demande aux disciples de faire asseoir les foules (qui l’ont suivi), qui sont là par groupes de cinquante environ. J’y vois deux clés de mise en oeuvre de notre ecclésial missionnaire.

La première clé : On peut imaginer (qu’à cinquante) ils vont discuter entre eux de ce qu’ils viennent d’entendre… s’éclairant les uns les autres, cherchant à comprendre ensemble cet enseignement, dissertant sur l’identité de son orateur…
C’est exactement ce que nous sommes appelés à vivre dans CES PETITES FRATERNITÉS MISSIONNAIRES dont je demande, avec insistance,la création et le déploiement dans notre diocèse.

La deuxième clé : c’est la souplesse. Jésus demande que les groupes soient d’environ cinquante. L’organisation suppose aussi souplesse et créativité ! Tenons cela comme une donnée constitutive des petites fraternités missionnaires… Nous sommes appelés : d’une part, à retrouver l’audace et la force de proclamer le Kérygme (le coeur de la foi)… D’autre part, à poser les actes qui accompagnent cette Bonne Nouvelle : prendre soin des malades et des affamés. »

Mgr Stanislas Lalanne, dans « mise en oeuvre de la lettre pastorale du 1er octobre 2018