C’est la question que Jésus ressuscité pose à Pierre après son reniement. C’est la question qu’Il pose personnellement à chacun de nous. « Question fondamentale ! » disait le pape Jean-Paul II lors de son premier voyage en France en 1980, commentant cet Evangile au cours de la Messe célébrée devant Notre-Dame de Paris. Fondamentale, oui, car l’accueil de cette question et la réponse que je lui donne, non seulement à certains moments solennels mais par tout le quotidien de mon existence, oriente toute ma vie. Parmi tous ceux et toutes celles qui, depuis 2.000 ans, dans la souffrance comme dans la joie, ont voulu faire de leur vie une réponse à cette question,
St Alphonse, prêtre fondateur de la congrégation (dont est membre le Père Serge Estiot) :

«… Par les mérites de ta Passion, attache-moi à Toi par le lien de l’amour… Fais que je connaisse de plus en plus ta bonté et l’amour qui T’est dû et la charité dont Tu m’as aimé.
Bon Jésus, je désire me consacrer tout entier à Toi, qui voulus T’offrir pour moi. Tu m’as lié à Toi par d’innombrables signes d’amour. Je T’en prie : que je ne sois jamais séparé de Toi. Je T’aime, mon Dieu, et je veux Te chérir toujours. Comment ai-je pu vivre séparé de Toi et sans ta grâce alors même que je connaissais ton amour ? Je Te rends grâce car Tu m’as supporté au temps où je vivais sans ta grâce, et de ce que Tu me donnes maintenant le temps de T’aimer… Je veux T’aimer de toutes mes forces, très doux Jésus, et je décide de Te plaire en tout. Je T’aime, ô bonté infinie, je T’aime plus que moi-même. Et parce que je T’aime, je Te donne mon corps, mon âme et toute ma volonté… Dispose de moi selon ton bon plaisir. Je me soumets à Toi en toute chose. Pourvu que Tu m’accordes de T’aimer toujours, je ne te demande rien d’autre que de persévérer en ta grâce et en ton saint amour. Ô Père éternel, appuyé sur les promesses de ton Fils « Amen ! je vous le dis : si vous demandez quelque chose au Père en mon Nom, Il vous l’accordera » (JN 16, 23), au Nom de Jésus-Christ, je Te demande la sainte persévérance et la grâce de T’aimer de tout mon coeur et de faire parfaitement ta volonté.

Ô Jésus, Tu T’es livré pour moi et Tu T’es donné à moi pour que je me livre moi-même à Toi… Tu dis « Présente-moi ton coeur, mon fils » (PROV 23, 26). Voici mon coeur, Seigneur, voici mon coeur et mon âme que je Te donne. Je Te consacre tout… St Alphonse a vécu au XVIIIème siècle, celui des « Lumières », où Voltaire voyait Dieu comme « le grand horloger », une machine froide et abstraite où les hommes ne sont que des rouages interchangeables ; où Diderot proclamait l’athéisme pour « libérer » d’un dieu tyran. C’est la réponse personnelle de St Alphonse, avec ses mots, exprimés dans sa culture, à la question : « M’aimes-tu ? » Et moi ? Quelle sera ma réponse ?

Père Jean-Pierre