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La cité mariale et ses pèlerins, comme les medias ne vous les ont jamais montrés, ceux-là saisis dans leur humanité : voilà ce que le documentaire de Thierry Demaizière et d’Alban Teurlai a su capter. Deux réalisateurs compères, déjà remarqués par le public avec leur film « Rocco », sur Rocco Siffredi, star italienne légendaire du film porno… Deux non croyants qui n’avaient jamais mis les pieds à Lourdes et arrivés là sans autre objectif que d’aller « au plus près de l’humain » (« La Croix »,7-8 mai 2019). Et c’est gagné. C’est l’humanité souffrante qu’ils nous font toucher du doigt et du coeur, des personnes malades et handicapées aux gitans et aux prostitués de l’association Magdalena. Pas de longs travellings sur les échoppes regorgeant de statuettes, chapelets, gourdes plastiques mais des moments de recueillement intense et personnel, saisis avec pudeur, respect et discrétion sur des visages de pèlerins déversant leur souffrance dans le coeur de Marie. Comme cette ado obèse en pleurs, victime du harcèlement de ses camarades de lycée et qui ne veut plus y retourner, ce petit bonhomme frottant le nounours de son frère malade sur le rocher où apparut Marie en 1858, cet homme au corps désarticulé que des hospitaliers plongent dans la piscine, etc. Et loin de nous présenter les sanctuaires comme une cour des miracles, les deux réalisateurs qui ont passé six mois à Lourdes, avec leurs équipes, se sont attachés à mettre en évidence le dynamisme et la joie dans lesquels baignent les personnes malades ou handicapées accueillies dans la cité mariale.
Et surtout la solidarité manifestée à leur égard par des bénévoles venus des quatre coins de la France, se mettre à leur service pour les aider tout le long de la journée à se lever, se laver, s’habiller et manger, celle des infirmières-infirmiers, des brancardiers-ières, des hospitaliers…
Ce qui fait de Lourdes, la ville de l’entraide par excellence. Et peut-être aussi de la tendresse, si chère à notre pape François, pour des hommes et des femmes au lourd handicap, porté souvent seul dans la vie, et qui, le temps d’un pélé à Lourdes, trouvent une famille parmi tous ceux qui sont venus se mettre gratuitement à leur service. Venus à Lourdes pour comprendre ce que venaient y chercher les gens, les cinéastes concluent : « Personne ne pourra dire qu’ils y viennent pour rien »

Jacqueline HUBER.