Des élections approchent dans notre cher vieux pays. On le sent actuellement mal en point, non seulement à cause des difficultés économiques qui sont réelles, mais plus profondément encore. Il doute, il a le moral « dans les chaussettes », il laisse monter en lui le repli sur soi, l’agressivité, la division. Dans sa devise qui orne le fronton de nos mairies, il semble oublier le dernier terme. Au moment où nous allons être appelés à exprimer des choix dans l’isoloir, réécoutons ce que nos évêques nous écrivaient, il y a longtemps déjà (2006), mais qui semble si actuel : Une vraie fraternité correspond aux exigences de notre foi. Nous ne pouvons nous adresser à Dieu chaque jour en Lui disant Notre Père, sans prendre conscience qu’Il est le Père de tous les hommes avec lesquels Il nous demande de dire « nous », en étant solidaires de chacun.

Construire une cité plus fraternelle, tel est le devoir du chrétien, tel est aussi l’idéal républicain. Qui ne voit que la liberté et l’égalité sans la fraternité deviennent lettre morte ? La violence qui s’est déchaînée ici, la crainte de l’avenir qui s’est manifestée là ; ailleurs, le souci de garder le pouvoir et d’accumuler l’argent montre que les hommes ont du mal à vivre dans l’amitié et le respect de l’autre. Sans la volonté du « vivre ensemble », ni l’argent, ni la force, ni la sécurité ne peuvent construire un pays. Nous pensons que, comme chrétiens, nous devons travailler à ce « vivre ensemble ».

(Extrait de « Qu’as-tu fait de ton frère ? »)