A notre époque, il faut « communiquer », inventer les moyens les plus élaborés pour « faire passer son message ». La « com », c’est peut-être très bien comme outil de marketing, pour vendre des produits ou des candidats aux élections, mais c’est insuffisant. Pour les chrétiens, la Sainte Trinité, mystère du Dieu unique qui est don, accueil, communion, à l’image de Laquelle nous sommes créés, nous rappelle qu’il ne suffit pas à l’homme de « communiquer ». Pour que les humains puissent se rencontrer en profondeur, vivre ensemble, s’accomplir personnellement et communautairement, il leur faut dialoguer. Et ce n’est pas aussi simple que cela en a l’air ! Le Saint Père rappelle les exigences du dialogue :

« Avec un sens clair de notre propre identité de chrétiens, le dialogue authentique exige une capacité d’empathie. Le défi qui se présente à nous est celui de ne pas nous limiter à écouter les paroles que les autres prononcent, mais de saisir la communication non dite de leurs expériences, de leurs espérances et aspirations, de leurs difficultés et de ce qui leur tient le plus à coeur. Une telle empathie doit être le fruit de notre regard spirituel et de l’expérience personnelle qui nous porte à voir les autres comme des frères et des soeurs, et à « écouter », à travers et au-delà de leurs paroles et actions, ce que leurs coeurs désirent communiquer. En ce sens, le dialogue exige de nous un authentique esprit « contemplatif » d’ouverture et d’accueil de l’autre (…). Cette capacité conduit à une authentique rencontre dans laquelle le coeur parle au coeur. Nous sommes enrichis par la sagesse de l’autre et nous nous rendons disponibles pour parcourir ensemble le chemin d’une plus profonde connaissance, amitié et solidarité (…). Peut-être n’y aurait- il pas de baptêmes, mais marchons toujours ensemble. Le pape Benoît XVI nous l’a dit : « L’Eglise ne convertit pas par prosélytisme, mais par attraction ». Si notre communication ne veut pas être un monologue, il doit y avoir ouverture de l’esprit et du coeur pour accepter les personnes et leurs cultures ».

C’était adressé aux évêques d’Asie lors du voyage du Saint Père en Corée du Sud. Mais n’avons-nous pas tous à en accueillir le message et à vérifier notre propre manière d’entrer en rencontre avec l’autre ?

Père Jean-Pierre