Chaque jour qui passe oriente résolument nos regards vers la Pâques du Christ notre Seigneur. Sur ce chemin, notre chemin vers Pâques, nous sommes constamment invités à nous ouvrir à Dieu, à découvrir sa Parole et à nous laisser travailler de l’intérieur par cette Parole. Cette Parole demeure une Parole libératrice. Elle nous libère des idoles des temps modernes : elle libère de tout ce qui, sur notre route vers Dieu et notre prochain, nous empêche de refléter le visage de Dieu. Celui qui nous fait signe et qui vient à notre rencontre c’est le Dieu de toute liberté, le Dieu qui voit tout ce qui marque durement notre vie et fait de nous des esclaves. Et parce qu’il voit et connaît tout ce qui avilit l’homme et tout homme, il veut, en ce temps de carême et de renouvellement intérieur, nous aider par sa Parole créatrice à goûter aux joies de la vraie vie, celle qu’il nous propose.

« J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple…et j’ai entendu ses cris…oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer…et le faire monter…vers une terre spacieuse et fertile… » (Ex 3, 7-8).
Par ces paroles, Dieu révèle à Moïse qu’il est à l’œuvre pour le bonheur de tous et de chacun, qu’il délivre des chaînes qui empêchent de vivre heureux. Lorsqu’il révèle son identité à Moïse : « Je-SUIS », une fois encore il témoigne qu’il est toujours présent et agissant, toujours au service de la vie. Dans un monde en perpétuel mouvement où des femmes et des hommes sont tenus par des chaînes injustes, l’esclave des temps actuels (l’exploitation de l’homme par l’homme sous toutes ses formes : la drogue, le dieu-argent, la quête effrénée du pouvoir par tous les moyens, l’égoïsme de ceux qui piétinent le petit et le pauvre), Dieu en ce temps de carême nous appelle à sa suite pour faire de nous les « instruments » au service de la dignité de l’homme. Dieu nous engage au combat pour que chaque personne partage sa joie.

Tant d’hommes et de femmes sont encore sous le poids de la souffrance sous toutes ses formes. Notre effort de carême n’est-ce pas d’ouvrir nos yeux pour qu’ils voient toutes ces souffrances ; les offrir au Seigneur dans une prière personnelle et communautaire et ensuite, en fonction de nos possibilités, agir pour que tous les visages soient marqués par la lumière de Pâques, la lumière du Ressuscité.

Fraternellement. Père Monné YAPO