Carême, en latin quadraginta c'est-à-dire quarante. Aux premiers temps de l’Eglise, la majorité des baptêmes concernait des adultes. Les candidats au baptême ou catéchumènes, d’origine païenne suivaient un chemin de préparation exigeant au cours duquel tout à la fois, leur était enseigné le contenu de la foi chrétienne, mais au cours duquel ils vivaient un temps de conversion c'est-à-dire de conformation de leur vie, de leur coeur et de leurs moeurs à la vie de disciple qui, petit à petit, devenait la leur. Ce temps, appelé catéchuménat était aussi celui pendant lequel on cherchait avec eux la place qu’ils tiendraient dans la communauté une fois baptisés. Ce temps de préparation pouvait être très long. Et le carême, c’étaient les quarante derniers jours précédant leur baptême, célébré dans la nuit de Pâques, pour ceux et celles qui y étaient appelés, le sprint final après une longue course de fond.

En voyant avec quelle ardeur les catéchumènes vivaient ce temps de carême qui leur était réservé pour accueillir le Christ et se donner tout entier à Lui, les « vieux » chrétiens, déjà baptisés de longue date, se sentirent bousculés. N’avaient-ils pas, eux aussi, jadis, au moment de la préparation de leur propre baptême, vécu leur carême avec la même générosité, la même brûlure au coeur que celles qu’ils constataient chez les futurs baptisés ? Et ce désir d’accueillir le Christ dans toute leur vie, de Lui offrir leur vie, de Le suivre, qu’était-il devenu au cours des ans ? Ne l’avaient-ils pas laissé s’attiédir, se refroidir ? Ce feu, ne l’avaient-ils pas laissé devenir cendres ? Et voilà comment le carême, initialement institué pour la préparation ultime des futurs baptisés, devint pour nous, les « vieux » chrétiens, un temps où nous demandons à Dieu de renouveler en nous la source de notre propre baptême, de renouveler notre désir d’accueillir le Christ, de nous livrer à Lui et de Le mieux suivre.
« Chaque année, Tu accordes aux chrétiens de se préparer à Pâques dans la joie d’un coeur purifié ; de sorte qu’en se donnant davantage à la prière, en témoignant plus d’amour pour leur prochain, fidèles aux sacrements qui les ont fait renaître, ils soient comblés de la grâce que Tu réserves à tes enfants. »

Les Jeux Olympiques ont eu leur cérémonie d’ouverture. Notre Carême aura aussi la sienne. L’heure (pas trop tôt, pas trop tard) ; la durée (55 minutes) ; le déroulement (vivant), tout est choisi pour permettre la participation de tous, enfants, familles, jeunes, adultes, retraités. Pour ceux et celles qui veulent vivre un temps de jeûne comme le propose l’Eglise, l’horaire choisi permet de remplacer le repas du soir par la célébration.
Père Jean Pierre