…c’est le titre qu’emploie le journal catholique La Croix à propos du projet de loi ouvrant le « mariage » à des personnes de même sexe et instituant le droit à l’adoption. En exprimant leurs inquiétudes quant aux conséquences d’un tel projet, les évêques et ceux des chrétiens qui ont manifesté publiquement leur désaccord ont permis que le débat s’installe, en faisant émerger d’autres questions que la seule revendication d’égalité entre couples hétéro- et homosexuels ne permettait pas de soulever.

Ce faisant, l’Eglise ne met pas en avant sa conception du mariage chrétien, ce qui ne concernerait que ses fidèles. Elle souhaite apporter une contribution au débat en se basant sur ce qu’elle pense être le bien commun dans lequel on pourrait se reconnaître même en dehors de toute référence religieuse. Elle organise son argumentation sur deux axes tout ce qu’il y a de plus profanes :
· la reconnaissance de la différence sexuelle (qui ne doit pas autoriser l’inégalité). En de nombreux domaines, on est tellement attentif – à raison ! – à établir la parité (reconnaissance de cette différence dans l’égalité), et on la gommerait pour le seul mariage.
· la nécessité de permettre aux enfants de savoir qu’ils sont nés d’un homme et d ‘une femme quelles que soient les trajectoires de vie de leurs parents biologiques. On en a bien vu le désir quand on a parlé de la naissance sous X. La confusion des genres et des situations fragilise les personnes, les familles et la société, à une époque où toutes sont déjà bien malmenées.

Il faut certes refuser l’homophobie. Pendant longtemps, les personnes homosexuelles ont été l’objet de toutes sortes de discriminations. Il faut se féliciter qu’aujourd’hui cela ne soit plus toléré, au moins par la loi si ce n’est encore dans les mentalités. Il faut aussi prendre au sérieux les aspirations de celles et ceux qui le désirent à s’engager par un lien stable. L’Eglise reconnaît toutes les valeurs d’ouverture et de fécondité sociale vécues dans d’autres relations d’amour et d’amitié que celle du mariage. Mais cette estime ne doit pas faire l’impasse sur les différences. La demande de l’accès au mariage par les personnes homosexuelles montre la difficulté qu’éprouve notre société à vivre les différences dans l’égalité. Les différences sont à respecter, elles structurent l’être humain et la société. Seule la relation d’amour d’un homme et d’une femme se traduit par la naissance d’une vie nouvelle. 250.000 mariages civils sont scellés chaque année dans nos mairies. Même en dehors de toute célébration religieuse, c’est toujours un évènement important pour ceux qui s’y engagent. L’Eglise a en haute estime la reconnaissance et la protection par la société de cet engagement d’un homme et d’une femme dans la durée, la fidélité et l’ouverture à la vie. L’élargissement du mariage aux personnes de même sexe entraînerait une modification profonde de droit du mariage et de la filiation, pour tous, y compris les couples hétérosexuels. (ces quelques lignes, trop rapides pour un tel sujet, doivent beaucoup au dossier le LA CROIX du 6 novembre, et au texte des évêques de France. J’encourage vivement à ce qu’on s’y reporte :wwweglise.catholique.fr « élargir le mariage aux personnes de même sexe ? ouvrons le débat ! »

Père Jean-Pierre

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