C’est le sujet d’une récente rencontre de responsables de l’Eglise universelle autour du pape. Pourquoi « nouvelle » ? L’aurait-on mal faite jusqu’aujourd’hui ? Bien sûr que non : tant d’hommes et de femmes, disciples du Seigneur, s’y sont consacrés depuis 2.000 ans en y mettant le prix. Nous pensons aussi à ceux à qui nous devons d’avoir reçu la foi … « Nouvelle », parce que le monde a changé avec ses modes de pensée et ses points de repères culturels. Continuer à proposer la foi de toujours dans le monde d’aujourd’hui avec les chemins d’hier, c’est aller à l’échec. Cette mutation a déjà eu lieu plusieurs fois dans l’histoire de l’Eglise. Exemple : après avoir été persécuteur, l’Empire romain s’est ouvert à la foi, sa culture en a été transformée et s’en est imprégnée. Mais quand les barbares sont arrivés, il a bien fallu que les chrétiens apprennent à « dire » le Christ autrement s’ils voulaient qu’Il leur soit proposé. Continuer à annoncer l’Evangile dans la mentalité romaine, c’était s’empêcher de le faire découvrir aux barbares et le voir s’éteindre au fur et à mesure que l’ancienne culture romaine s’effaçait.

Et de nos jours ? Même si les gouvernements français successifs n’ont pas voulu reconnaître les « racines chrétiennes » de l’Europe, il faudrait être aveugle pour ne pas voir comment la réalité chrétienne a imprégné nos sociétés depuis des siècles en tant de domaines jusque dans ses paysages. Mais, on le sent bien, cette atmosphère chrétienne tend à s’effacer et pourrait, à terme, n’être plus pour beaucoup qu’un décor vide : je me suis vu l’an dernier expliquer dans un musée un tableau de la Crucifixion à des personnes, françaises, qui n’en comprenaient plus le sujet ! Continuer à présenter l’Evangile à nos contemporains à la manière dont on nous l’a présenté à nous-mêmes lorsque nous étions enfants alors que les mentalités, les représentations intérieures, les schémas de pensées ont tant évolué et bougent encore à toute vitesse, c’est perdre notre temps.

Pourtant la mission confiée aux Apôtres « Allez, enseignez les nations » nous échoit pour notre époque. Les premiers disciples n’étaient qu’une poignée de juifs d’une province éloignée de Rome, sans moyens, sans presse ni TV. Ils n’avaient pas été à l’ENA, ils n’avaient pas de relais d’opinion ni de groupe de pression dans les milieux influents. Mais la brûlure de l’amour du Christ qui les habitait, ils l’ont propagée dans tout l’Empire. C’est le défi que notre Eglise veut relever pour notre époque. Que pouvons-nous faire ? La première page du Lien de la semaine prochaine voudrait proposer une piste …. (à suivre …) Père Jean-Pierre