Comment naît la foi ? Pas dans la transmission de valeurs, de codes religieux, de préceptes moraux, de comportements sociaux ou de traditions culturelles, aussi vénérable que ce soit. La foi naît d’une réponse libre à une Parole que Dieu a l’initiative d’adresser à l’homme. On le voit bien dans la Bible : Abraham, Moïse, chaque prophète, tous ces personnages qui se découvrent être les interlocuteurs de Dieu, qui écoutent sa Parole, décident de lui faire confiance et d’y répondre (« je mets mon espoir dans le Seigneur, je suis sûr de sa Parole »). L’image parfaite en est la Vierge Marie en son Annonciation : Dieu lui adresse la Parole par l’entremise de Gabriel ; Marie accepte de se découvrir destinatrice de cette Parole, l’écoute, s’y rend vulnérable et y répond : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon sa Parole. »

Le petit catéchisme avec questions/réponses que les plus anciens parmi nous devaient apprendre par coeur disait des vérités de la foi, mais mettait-il en contact vital avec la Parole de Dieu ? On parle parfois de « déchristianisation », mais y avait-il avant vraie christianisation ? Possibilité réelle d’accueillir une Parole de vie et invitation à y répondre ? Ça allait bien si l’on avait des parents chrétiens, mais si on était au caté seulement pour suivre une tradition ? Comme le monde et les mentalités culturelles changent vitesse grand V, les traditions humaines s’effritent et s’effacent. Et si l’attachement à l’Eglise ne tenait qu’à cela …

Heureusement le Concile a remis en premier l’accès, l’accueil, l’écoute de la Parole de Dieu dans la célébration de la Messe (l’ambon, la proclamation de la Parole qui n’est plus simple « avant Messe », la distribution en 3 lectures le dimanche, réparties sur un cycle de 3 ans, dans la langue de tous) et dans l’invitation à des formations bibliques, des groupes de partage de la Parole, des petites revues à emporter avec soi avec les textes de chaque jour. La catéchèse a, elle aussi, pris le virage et propose aux enfants de s’exposer à la Parole. « » c’est ce à quoi invitent les évêques dans la lettre aux catholiques de France. Et si, en vue de la « nouvelle évangélisation » à proposer à nos contemporains, nous apprenions d’abord nous-mêmes à nous laisser davantage blesser et brûler par cette Parole ? Des progrès ont été accomplis depuis le Concile mais il reste du chemin ! La Parole ne doit pas couler sur nous comme l’eau sur les plumes d’un canard, elle est comme une « épée à 2 tranchants » qui doit aller jusqu’au plus profond du coeur de chacun. En Marie, elle a si bien fait son chemin, qu’elle y a pris chair. Et Jésus dira de sa maman : « (plus que la mère qui m’a enfantée), heureux qui écoute la Parole et qui me garde".

Père Jean Pierre

Galette_voeux__Jean_Pierre.JPG