Comment ne pas évoquer aussi la façon dont Dieu sauve son Peuple et lui fait traverser la mer Rouge à pieds secs et engloutit l’armée de Pharaon ; ou encore la traversée du Jourdain pour entrer dans la terre promise… Plus finement encore, lorsque la voix de Dieu dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, Il est toute ma joie », l’auteur biblique nous conduit à faire un lien étroit entre Jésus et « le Serviteur souffrant » dont parle le prophète Isaïe (chapitres 42 – 52). À partir de ces liens, de ces superpositions, nous comprenons que cet « Homme Jésus » est bien le Messie, le Fils de Dieu qui vient « recréer l’univers ». Il vient nous faire entrer dans « le Royaume de Dieu », la vraie terre promise. Il le fera par l’offrande de sa vie, pour la réconciliation de l’Humanité avec Dieu et à travers cette réconciliation, une transfiguration de tout l’univers. L’Esprit Saint, l’Esprit de Dieu sera répandu sur tous les hommes, afin qu’ils puissent partager la plénitude de vie et la gloire du Fils unique de Dieu. La puissance du mal et celle de la mort seront englouties définitivement.

Nous comprenons aussi que ce don est pour former un Peuple, et pas seulement des individus isolés ! Un peuple faisant la joie de Dieu, un peuple comblé de la bonté de Dieu et « ardent à faire le bien ». Ce qui est étonnant dans la fresque de notre église, c’est la présence de ces quatre animaux et du feu qui les entoure. Quatre animaux présents dans les visions des prophètes (Ézéchiel 1) de l’Ancien testament et dans le livre de l’Apocalypse (Ch.4).

Ils sont autour du trône de Dieu et de l’Agneau… Dans les mêmes visions, on évoque « comme un fils d’homme » (le Christ ?) Ils participent à l’adoration de Dieu et de l’Agneau… Ils ont six ailes, des yeux partout, et quatre faces (de taureau, de lion, d’homme et d’aigle). Les premiers chrétiens identifieront chacun à un évangéliste ; par la grâce de l’Esprit Saint, ils nous transmettent la parole de Dieu qui nous fait connaître le mystère de Dieu et nous permet d’en être vivifiés. Le feu évoque le mystère insaisissable de Dieu, le buisson ardent, les manifestations de Dieu au Sinaï lors de la première Alliance… Et cette promesse d’un baptême « dans l’eau et le feu, dans l’Esprit Saint et le feu »… Comment ne pas y voir déjà quelque chose du mystère de la Pentecôte. Oui, chaque récit du nouveau Testament nous relie à toute la révélation biblique et nous donne à entrevoir la plénitude du Royaume de Dieu en Paradis…

Guillaume Villatte,  prêtre
Curé de la paroisse du Plessis-Bouchard et de Franconville gare