Prononçant ses voeux à la Curie, à l’occasion de Noël, le Pape François en a profité pour l’inviter à soigner sa « vie intérieure », listant quinze maladies qui l’ont atteinte. Maladies dont chaque chrétien peut – en son âme et conscience – se découvrir parfois porteur. Ces 15 maladies sont :

- celle de se sentir immortel, immunisé ou tout à fait indispensable ;
- la maladie du « marthalisme », dont souffrait la Marthe de l’Evangile qui, au lieu de « choisir la meilleure place », stressait et s’agitait ;
- la pétrification mentale et spirituelle de ceux qui se cachent derrière leurs dossiers ;
- la maladie de la planification excessive et le fonctionnarisme ;
- la mauvaise coordination ;
- l’alzheimer spirituel de ceux qui ont perdu la mémoire de leur rencontre avec le Seigneur, se laissant dominer par leurs passions, caprices et manies ;
- la rivalité et la vanité ;
- la schizophrénie existentielle de ceux qui mènent une double vie ;
- la rumeur, la médisance et les « cancans » ;
- la maladie qui consiste à diviniser les chefs par souci de « carriérisme et d’opportunisme » ;
- l’indifférence envers les autres ;
- la maladie du visage lugubre des personnes bourrues et revêches qui estiment que pour être sérieux (…), il faut traiter les autres avec rigidité, dureté et arrogance(…) alors qu’une bonne dose d’humour sain nous fait du bien ;
- la maladie « qui consiste à accumuler » alors que, comme chacun sait, « le linceul n’a pas de poche » ;
- la maladie des cercles fermés qui peut aboutir aux « tirs armés des frères d’armes » ;
- le profit mondain et les exhibitionnistes qui transforment « le service en pouvoir ».

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Des voeux qui traduisent la « réforme spirituelle » que le Pape François juge prioritaire à la Curie. Mais cette démarche du Pape montre qu’il est en difficulté à la Curie, selon Marco Politi, vaticaniste au journal « Il Fatto quotidiano » (1), dans La Croix des 24 et 25/12/14. Là, des chefs des dicastères (sorte de ministères) ne partagent pas sa volonté d’ouverture ni celle de réformer la Curie, comme l’idée de confier davantage de responsabilités aux femmes. « Ce discours public, écrit le vaticaniste, sert en fait d’appel au reste de l’Eglise. Le Pape l’invite à prendre position. Il veut réveiller les prêtres, évêques et aussi les laïcs à soutenir sa réforme…. Ses paroles peuvent les inciter aujourd’hui à réagir. Jusqu’à maintenant, poursuit-il, les mouvements d’Eglise, quel que soit leur objet, ne se sont pas prononcés». Qu’on se le dise !

Jacqueline HUBER (Source « La Croix » des 23-24, 25/12/14, 3-4/1/15).