Nous allons bientôt recevoir du Seigneur Jésus-Christ la grâce de vivre le temps liturgique du Carême. Cette grâce nous permet de renouveler les liens de l’Alliance entre Dieu et son Église, entre Dieu et chacun des membres de son peuple saint. Comme dans toute relation humaine, aussi forte et belle soit-elle, il est des moments où il est bon de revenir à la source, aux premiers élans… Déjà, à travers la bouche du prophète Osée le Seigneur prend l’initiative et dit : « Mon peuple infidèle, je vais le séduire, je vais l’entraîner au désert (pour le sevrer de ses péchés), et je lui parlerai coeur à coeur » (Os 2, 16).

C’est au désert que l’Alliance entre Dieu et son peuple a été scellée au Sinaï par l’intermédiaire de Moïse… C’est au désert de la tentation que par trois fois le Christ Jésus a repoussé Satan en redisant sa confiance en Dieu « et des anges s’approchèrent de lui et le servaient » (Matthieu 4, 11). La vie des saints et des saintes, la prédication de l’Église nous invitent à porter fréquemment notre regard sur le Christ en croix. C’est le moyen le plus simple pour que notre coeur, notre psychisme et même notre corps perçoivent et ressentent « ce trop grand amour dont Dieu nous aime » ! Comment rester insensible ! Comment ne pas désirer se faire proche ! « Le Christ nous a aimés jusqu’au bout »… Nous sommes invité à cette contemplation par les paroles du prophète Zacharie (12, 10 et 13, 1) : « Je répandrai, sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem, un esprit de grâce et de supplication. Ils regarderont vers moi. Celui qu’ils ont transpercé, ils feront une lamentation sur lui, comme on se lamente sur un fils unique ; ils pleureront sur lui amèrement, comme on pleure sur un premier-né… Ce jour-là, il y aura une source qui jaillira pour la maison de David et pour les habitants de Jérusalem : elle les lavera de leur péché et de leur souillure ». Quelle belle efficacité promise à travers cette contemplation du Christ en croix. Du côté transpercé du Christ « a coulé du sang et de l’eau » (Jean 19, 34). À travers ce sang et cette eau ce sont tous les trésors du divin coeur de Jésus qui viennent se déverser sur nous. Oui, venons au pied de la croix en pensée et avec affection et faisons l’expérience d’être aimés au point d’être revêtus d’une force, d’une vie renouvelée, d’être libérés… Jésus disait dans le temple : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive, celui qui croit en moi ! Comme dit l’Écriture : De son coeur couleront des fleuves d’eau vive ». En disant cela, il parlait de l’Esprit Saint qu’allaient recevoir ceux qui croiraient en lui » (Jean 7, 37-39).

Guillaume Villatte,  prêtre
Curé de la paroisse du Plessis-Bouchard et de Franconville gare