Et voici en ce jour la 3ème étape, celle de l’OFFERTOIRE, mot qui a disparu du Missel du Concile. Il fallait peut être ramener à leur juste proportion certains « offertoires » de l’ancienne liturgie qui prenaient une ampleur démesurée : Des « Messes des Moissons » où les agriculteurs venaient apporter à l’église des gerbes de blé, des animaux vivants de leurs pâturages et toute autre sorte de « fruits de la terre et du travail des hommes ». Des Messes de la JOC où les jeunes travailleurs en bleu de travail apportaient leurs outils de métallos à l’autel dressé sur un établi. L’apport des hommes risquait d’avoir plus d’importance que le don de Dieu. Il semble cependant dommage que la réaction, transcrite dans la liturgie actuelle, ait ramené ce moment de la messe à n’être plus qu’une simple « préparation des dons », un temps faible, un temps de transition entre les deux temps forts, celui de la Parole et celui de l’Eucharistie.

Une Alliance, c’est le don réciproque que les personnes qui s’aiment se font d’elles-mêmes l’une à l’autre. A la Messe comme sur la Croix, le don que Dieu nous fait de Lui-même est total, sans esprit de reprise. Et c’est lui qui est premier. Jamais, ni sur cette terre, ni de toute l’éternité nous ne pourrons l’inventorier totalement. « Si tu savais le Don de Dieu .. ! » déclare Jésus. Mais ce don doit être reçu par nous et susciter de notre part une offrande réciproque, celle de notre propre personne, de notre propre vie. Notre vie, bien sûr, nous savons que nous ne nous la donnons pas à nous-mêmes. Mais, la recevant de Dieu, nous voulons en faire, en toutes ses journées, en toutes ses années, en toute notre vie, une offrande d’amour totale et définitive à la mesure de l’offrande que Dieu nous fait de Lui-même en nous donnant son Fils. « Je vous exhorte, par la tendresse de Dieu, à Lui offrir votre personne et votre vie en sacrifice saint, capable de plaire à Dieu. C’est là pour vous l’adoration véritable » nous invite St Paul (Rm 12, 1). C’est ce qui est signifié par le pain et le vin offerts à Dieu dont l’Esprit fera le Corps et le Sang du Christ qui nous seront partagés. C’est aussi l’offrande par nous de tout ce que les hommes font de bien, leurs efforts de paix, de partage, de justice, de fraternité, même ceux qui ne sont pas chrétiens mais qui écoutent la voix de leur conscience par laquelle Dieu leur parle. C’est aussi le temps de la quête : en français, pour parler de son salaire, on dit « gagner sa vie » : c’est une part de son argent, de sa vie, qu’offre le chrétien par la quête, et c’est bien qu’elle prenne sa place à cet instant (*).
Avec les enfants, que le Seigneur nous permette d’approfondir ce qu’Il nous donne de vivre à la Messe.

Père Jean-Pierre

(*) Cependant, pour ne pas troubler cet instant de l’offertoire dans lequel nous cherchons à ce que les enfants s’impliquent intérieurement, la quête sera exceptionnellement faite après la communion.