Voici un extrait du discours de clôture de Mgr Éric de Moulin-Beaufort lors de l’Assemblée plénière des évêques de France la semaine passée. Il nous aidera à relire la soif de l’Eucharistie ressentie par un très grand nombre durant le confinement, et son lien avec l’engagement de notre vie au service de ceux et celles qui nous entourent.
Guillaume Villatte,  prêtre - Curé du Plessis-Bouchard et de Franconville gare

« Réunis en assemblée, nous nous sommes réjouis de la créativité qui a été déployée tant par les prêtres que par les fidèles pour permettre au plus grand nombre de s’associer aux messes célébrées : l’Eucharistie est d’une telle richesse, d’une telle intensité, qu’elle peut être vécue de bien des manières ; son mystère peut être participé à des degrés différents et selon des modes variés aussi. Nous remercions toutes celles et tous ceux qui ont permis à d’autres de vivre l’Eucharistie au long de ces semaines par la diffusion vidéo, par la distribution de feuillets soutenant la communion spirituelle ou suggérant une liturgie domestique. La deuxième moitié du Carême, la Semaine Sainte et le Temps pascal ont pu être vécus avec intensité par beaucoup. Les mystères célébrés ont donné du sens au confinement, qu’il ait été confortable ou pénible, et le confinement a permis de vivre ou obligé à vivre ces périodes dans leur intensité spirituelle. Les efforts déployés ont permis de vivre le confinement non pas comme un enfermement en soi mais dans l’ouverture du coeur et de l’esprit vers les autres. Pourtant, assez vite l’impatience à retrouver les célébrations avec assemblée et la communion sacramentelle s’est exprimée… Le lien entre le corps eucharistique et le corps ecclésial mérite d’être approfondi. Que cherchons-nous dans la communion sacramentelle, ou plutôt qu’y recevons nous?

Peut-elle être dissociée du « sacrement du frère » ? Le respect des règles sanitaires strictes relevait et relève toujours de la charité : un chrétien peut risquer sa vie par amour du Seigneur ou de son prochain, mais non pas courir le risque de porter la maladie et la mort à d’autres. Le désir ardent de la communion sacramentelle ne trouve toute sa vérité qu’en nourrissant la charité qui édifie le Corps du Christ. Mais, il est vrai que LE MYSTÈRE DU CHRIST EST AVANT TOUT UN MYSTÈRE DE PRÉSENCE.
La foi chrétienne n’est pas faite d’idées et d’intentions : elle est avant tout la disponibilité à rejoindre le Christ, là où il se tient et nous convoque, et à se laisser rejoindre par lui, et lui vient à nous toujours pour nous envoyer vers les autres ; c’est en lui et par lui que nous pouvons le mieux aller en vérité les uns vers les autres, car lui, par son Eucharistie, nous tournant vers le Père, nous ouvre aussi les uns aux autres plus que nous ne saurons jamais le sentir… »