Lorsque les projets de voyage commencent à s’ébaucher, la première question qui vient à l’esprit c’est : « Où va-t-on aller ? » et c’est ensuite qu’on se demande : « Comment allons-nous y aller ? » Jésus vient curieusement bousculer la logique toute faite et les habitudes. Ce texte de Jean révèle que l’important n’est pas de savoir où il faut aller, ce qu’il faut dire ou ce qu’il faut faire pour être fidèle à l’Evangile. Il dit que l’Evangile est un chemin. Le plus pressé dans l’Evangile n’est pas de savoir où il faut aller, c’est de se mettre en marche. L’urgent pour l’Evangile n’est pas d’arriver au bout. Dans l’Evangile le vrai but, c’est d’être toujours en chemin.

Où vont les chrétiens ? Justement, ils vont, ils marchent, ils sont en route, ceux du grand âge avec les plus jeunes et les enfants avec les plus âgés. Toutes et tous, ils sont en chemin. Chacun avec son pas, chacun avec son histoire, chacun avec ses doutes et ses questions. Pour l’Evangile, le chemin n’est pas une doctrine, c’est une personne, c’est quelqu’un, c’est Jésus lui-même. C’est Jésus qui dit : « Viens », mais il ne dit pas où, et c’est pourquoi la foi ne peut être qu’un chemin de confiance.

C’est Jésus qui dit qu’il est « le chemin, la vérité et la vie … ». L’alliance de ces trois mots dit suffisamment que la vérité ne peut pas être une tour où s’enfermer, ou une citadelle à défendre ; la vérité est un chemin, c’est-à-dire un parcours, un trajet, un passage ouvert. Non seulement le rendez-vous de Jésus est sur le chemin de votre vie, mais c’est lui Jésus qui est votre chemin, qui est votre vie.

Même quand les jambes ne suivent plus, les cœurs, eux, vont toujours devant. Il n’y a pas d’âge pour marcher l’Evangile.

Jean Debruynne