Notre Saint-Père le pape François ne s’est pas contenté de décréter l’année de la Miséricorde. Il confie aussi quelle place elle a tenu et elle tient dans sa vie de chrétien. Il désire partager cette découverte au plus grand nombre, d’où le lancement du Jubilé universel. Il lui arrive aussi de faire des confidences personnelles à ce sujet. C’est l’une d’elles, relayée récemment par le journal « La Croix » que j’aimerais vous transmettre.

Père Jean-Pierre

« Je n’ai pas de souvenirs particuliers de l’époque où j’étais enfant. Mais de mon adolescence, si ! Je pense au P. Carlos Duarte Ibarra, le confesseur que j’ai rencontré dans ma paroisse le 21 septembre 1953, le jour où l’Eglise célèbre St Mathieu, apôtre et évangéliste. J’avais 17 ans. Je me suis senti accueilli par la miséricorde de Dieu en me confessant à lui. Ce prêtre était originaire de Corrientes, mais il se trouvait à Buenos Aires pour soigner sa leucémie. Il est mort l’année suivante. Je me souviens encore qu’après ses funérailles et son enterrement, en rentrant chez moi, je me suis senti comme abandonné. Et j’ai beaucoup pleuré ce soir-là, beaucoup, caché dans ma chambre. Pourquoi ? Parce que j’avais perdu une personne qui me faisait sentir la miséricorde de Dieu, ce « miserando atque eligendo », expression que je ne connaissais pas à l’époque, et que j’ai choisie, par la suite, pour devise épiscopale. Je l’ai retrouvée plus tard dans les homélies du moine anglais St Bède le Vénérable qui, parlant de la vocation de St Mathieu, écrivait : « Jésus vit un publicain, et comme Il le regardait avec un sentiment d’amour, Il le choisit et lui dit : "Suis-moi" ». C’est par « Il le regardait avec un sentiment d’amour » qu’on traduit généralement « miserando », mais moi, je préfère inventer un mot qui n’existe pas « en miséricordant », en lui donnant sa miséricorde. Donc, « en le miséricordant et en le choisissant » pour décrire le regard de Jésus qui offre sa miséricorde et qui choisit ».

NB : pendant le Carême, les paroisses du doyenné d’Ermont (dont nous faisons partie) proposent des temps pour jeunes ; d’autres, pour adultes, pour expérimenter sacramentellement l’accueil de la miséricorde de Dieu (12 et 13 mars). Nous en reparlerons. Mais nous sommes déjà invités à ne pas manquer cette occasion.