Persuadé du bien-fondé de sa cause, le mouvement féministe Femen s'est lancé dans une série de profanations d'églises pour dénoncer la «pression de la secte catholique», notamment sur le sujet de l'interruption volontaire de grossesse (IVG). Le 20 décembre, c'est à Paris, dans l'église de la Madeleine, que l'une d'entre elles s'est dévêtue sur l'autel.
La militante, seins nus, s'est dirigée peu avant 10 heures vers l'autel face à une dizaine de personnes présentes alors qu'une chorale répétait dans l'édifice. Interrogé par l'AFP, le père Bruno Horaist, curé de la paroisse, a raconté que la jeune femme avait déposé devant l'autel un morceau de foie de veau censé représenter un foetus avant d'uriner sur les marches de l'autel. Elle a ensuite quitté l'église sans prononcer une seule parole. Sur leur site, les Femen ont ensuite déclaré que "Sainte Mère Eloïse a avorté de Jésus" !!.
Le geste a été condamné par le maire de Paris, Bertrand Delanoë : «Je découvre avec surprise et tristesse la nouvelle provocation des Femen à l’intérieur de l’église de la Madeleine. Je réprouve un acte qui caricature le beau combat pour l'égalité femmes-hommes, sème la discorde dans la société parisienne et choque inutilement de nombreux croyants», écrit-il dans un communiqué.
De nombreux fidèles ont pris à partie le ministère de l'Intérieur via Twitter pour solliciter des sanctions à l'encontre des jeunes femmes.

Baptisée «Noël est annulé», la tournée des Femen dans les lieux de culte avait commencé la veille, au Vatican. Jeudi, la militante ukrainienne Inna Shevchenko, fondatrice des Femen, avait retiré son T-shirt près de la place Saint-Pierre pour protester contre la condamnation de l'avortement par l'Eglise catholique. «Christmas is canceled», a-t-elle hurlé à plusieurs reprises, dévoilant son buste sur lequel étaient écrits les mêmes mots.
Devant une église de Madrid, lundi 23, des Femen ont crié «Avortement libre» pour protester contre le projet de loi qui devrait limiter le droit à l'avortement en Espagne. La militante de cette organisation féministe s'est mise à genoux et les bras écartés où était écrit «avortement libre» tandis que deux autres versaient du faux sang autour d'elle devant l'église peu après la fin de la messe.
Et le 12 février dernier, déjà, les activistes féministes avaient fait irruption dans la cathédrale Notre-Dame de Paris. Seins nus, elles avaient fait tinter avec des morceaux de bois les cloches, alors disposées provisoirement dans la nef. Elles avaient aussi scandé des slogans saluant à leur manière le renoncement du pape Benoît XVI à sa charge pontificale et dénonçant l'homophobie.
Le premier procès des Femen en France devait débuter mi-octobre. Neuf membres sont poursuivies pour des dégradations sur les cloches. Il a été finalement reporté au 19 février 2014.

sources : Le Parisien, Le Nouvel Obs