La crise sanitaire que nous traversons nous met face à notre condition humaine : nous sommes mortels. « Souviens-toi, homme, que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière ». La fascination des sciences et des techniques, la société de consommation occultaient cet aspect de notre vie. Il faut reconnaître qu’à première vue la perspective n’est pas enthousiasmante ! La mort n’est pas belle !
Comme disciples du Christ – le temps du carême nous le rappelle – nous savons que toute la vie du Seigneur est orientée vers « son Heure ». C’est-à-dire vers l’offrande de sa vie, sa passion et sa mort sur la croix. Il dira que « cette heure lui tarde d’être accomplie »…
Prenons le temps de comprendre – autant que possible – ce désir du Christ. Ce n’est pas la mort qu’il désire, cela serait malsain ! Ce qu’il désire, c’est « d’aller jusqu’au bout de son amour » (Jean 13, 1ss) pour chaque personne humaine. Ce qu’il désire, c’est affronter avec nous et pour nous la puissance de la Mort, la vaincre et nous en libérer. Ce qu’il désire, « ce sont les cieux nouveaux et la terre nouvelle où la justice habitera. » Ce qu’il désire, c’est que nous puissions recevoir en partage l’Esprit de Dieu ; cet Esprit qui fait couler en nous la vie même de Dieu : la vie éternelle et nous prépare à voir Dieu face à face pour l’éternité.
Voilà comment Jésus-Christ envisage sa mort : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas il reste seul, mais s’il meurt il donne beaucoup de fruits. » (Jean 12, 24) ou encore « La femme, lorsqu’elle enfante, éprouve de la tristesse, parce que son heure est venue ; mais lorsqu’elle a donné le jour à l’enfant, elle ne se souvient plus de ses souffrance à cause de la joie qu’elle a de ce qu’un homme est né dans le monde. » (Jean 16, 21) Frères et soeurs, nous savons que de nombreuses familles de notre pays seront touchées par la mort d’un proche, d’un ami…Nous en sommes peinés et l’angoisse pourrait nous saisir. Essayons ensemble de vivre cette épreuve dans la foi, avec le Christ, pour le salut éternel du monde et la manifestation de la gloire de Dieu : « Il donne la vie, il sauve la vie de la mort ! ». « Dieu a créé l’homme pour l’incorruptibilité, il a fait de lui une image de sa propre identité. C’est par la jalousie du diable que la mort est entrée dans le monde (Sagesse 2, 23-24).

Frères et soeurs, nous sommes faits pour l’éternité, pour communier à cette plénitude de vie qui est en Dieu, à cette communion du Père et du Fils et du Saint Esprit, source d’allégresse éternelle. Jésus nous parle « d’un festin de noces ». Chaque journée est comme une étape vers cette plénitude, un avant-goût de cette rencontre transformante avec Dieu notre Père en Jésus-Christ. Comment l’oublier et « vivre comme si nous n’avions pas d’Espérance » ? « CHRIST EST RESSUSCITÉ DES MORTS, PAR SA MORT IL A VAINCU LA MORT, AUX MORTS IL A DONNÉ LA VIE. »

Guillaume Villatte,  prêtre
Curé du Plessis-Bouchard et de Franconville-gare