Nous le voyons bien, la vie est fragile ! Nous le voyons bien, il est nécessaire d’être vigilants contre ce qui vient attaquer la vie ! Mais reconnaissons-le, il est parfois difficile de reconnaître si tel choix va du côté de la vie ou vers une impasse, du côté de la mort (Deutéronome 30). Bien souvent cette confusion nous angoisse. Nous constatons pourtant que de nombreux choix de vie, présentés comme libérateurs et sources de bonheur, nous ont conduits à la solitude, au repli sur nos intérêts de groupe, à la frustration et à la montée de la violence… La grâce du Carême nous permet d’y réfléchir et peut-être d’y voir plus clair !

Nous avons bâti une société sans Dieu ou, si nous sommes croyants, une société où Dieu passe après le reste. Il lui est laissé cette part affective de certains ; ils ont besoin de réconfort… La preuve en est : cette quasi impossibilité de parler de sa foi dans l’espace public, d’argumenter et de s’enrichir mutuellement de nos choix et de nos croyances. La preuve en est encore : quand il est demandé à des croyants de mettre « les lois de la République avant celles de Dieu ». Comme si cela était du même ordre ! Comme si la République était un absolu ! Nous ne sommes pas loin d’un certain obscurantisme…

Si en ce début de Carême, l’Esprit de Dieu nous « pousse » avec le Christ au jeûne et à la prière (Marc 1, 12-13), c’est pour que nous prenions davantage conscience « des pensées mauvaises » qui nous traversent, nous lient et nous empêchent d’accueillir notre vie de chaque instant comme un don de Dieu. Alors nous risquons de percevoir ceux et celles qui nous entourent comme des obstacles. Nous risquons d’en avoir peur et de laisser monter en nous toutes sortes de défense et d’agressivité…

« C’est pour que nous restions libres que le Christ nous a libérés… Vous avez été appelés à la liberté ; seulement que cette liberté ne se tourne pas en prétexte pour céder aux tendances égoïstes de la nature humaine; mais, par la charité, mettez-vous au service les uns des autres. » (Galates, 4, 1.13)

Guillaume Villatte,  prêtre
Curé de la paroisse du Plessis-Bouchard et de Franconville gare