La salle du Bon Pasteur avait fait le plein, samedi 19 décembre, à 15h30. Plus de 150 spectateurs sont venus apprécier le spectacle étonnant donné par le groupe biblique togolais Bibliahabobo.

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Après le discours de bienvenue de "La Paix", l'héritière spirituelle d'Akofala Grunitzki, qui réside en Allemagne, et quelques gospels, "La naissance de Jésus" a commencé avec l'Annonciation. Puis une grande scène peu évangélique raconte comment l'empereur Auguste a décidé le recensement du peuple de Judée. Là, les surprises ne manquent pas : que des femmes, plus de 30 actrices, et des soldates en kaki, et des exercices militaires burlesques. On passe ensuite à Marie et Joseph qui cherchent une auberge et trouvent une étable. Non loin de là, des bergers sont visités par les anges. Et bien plus loin, guidés par l'étoile, les rois mages arrivent à la cour d'Hérode. Dans une longue scène de palabres, s'opposent le féticheur et les savants. Le premier dénie l'arrivée d'un nouveau roi, les autres l'attestent à partir des versets de l'Ancien Testament. Et le clou du spectacle est bien entendu l'adoration des mages: l'occasion pour les spectateurs de venir adorer l'Enfant Jésus (d'ailleurs, un vrai bébé était sur scène) et de verser une offrande. Ensuite, après déjà 2 heures de spectacle, l'histoire devient sombre mais reste évangélique. A sa cour, Hérode est en colère car les mages ne sont pas revenus. Il décide de massacrer les enfants innocents, et les pleurs des mamans éclatent en chants lugubres. Heureusement, la sainte famille est partie en Egypte et leur retour marque la victoire de la paix et de l'espérance. Le spectacle de 2h30 s'est conclu joyeusement quand tous les artistes ont entonné "Quel bonheur".
Oui, quel bonheur de vivre ce Noel à la togolaise, entre noirs et blancs dans une salle presque trop petite. Le défi pour Bibliahabobo était de réaliser le rêve de leur maman Akofala, qui voulait transposer la tradition de "La naissance de Jésus" au Togo en France. C'est Le Plessis Bouchard, paroisse chère à la défunte matriarche, qui a été choisie Et grâce à ce choix, la salle du Bon Pasteur s'est transformée en vrai théâtre. Il y a avait l'estrade et les projecteurs, mais il manquait les rideaux. Alors pour le spectacle, des tringles ont été posées et un superbe rideau de scène a été cousu par une experte africaine. Ainsi les changements de décors entre les scènes ont été discrets comme au vrai théâtre; de l'établi de Joseph à la cour d'Auguste, ou du sapin des enfants aux bâtons des bergers, sans oublier les magnifiques costumes bariolés des mages, les tenues gospel des savants et les uniformes kaki des soldates.
Akofala peut dormir tranquille : la relève est assurée, et plusieurs générations ont contribué à la réussite de la première française du spectacle qui lui était cher.Et ceux du Plessis leur disent merci d'avoir relevé le défi chez eux. Quel bonheur !

Michel Rocher

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