Il n’est pas imaginable qu’il y ait plusieurs dieux. Le prétendre, ce serait dire qu’il n’y en a pas du tout. C’est bien la foi d’Israël et, à sa suite, la foi des chrétiens : « Ecoute, Israël : le Seigneur ton Dieu est l’Unique ! » (Deutéronome 6, 4). Mais Dieu l’Unique n’est pas (comme le supposent les caricatures populaires) un vieillard barbu sur un petit nuage qui s’ennuie copieusement dans sa majestueuse solitude. Un être solitaire, même s’il est Dieu, ne peut pas être AMOUR. Il faut, pour l’être, avoir quelqu’un d’autre que soi à aimer et de qui recevoir de l’amour. On ne peut pas aimer sa propre image : c’est destructeur, c’est porteur de mort et non point de vie comme l’avaient déjà compris les anciens grecs en inventant le mythe de Narcisse.

DIEU EST AMOUR proclame la Bible : Au coeur de Dieu l’Unique brûle, comme un volcan, un torrent d’amour par lequel le Père prononce sa Parole Éternelle, son Fils ; et dans lequel le Fils se donne tout entier au Père sans rien garder de Lui-même. Et cet Esprit Saint, amour total du Père pour le Fils, amour total du Fils pour le Père, voilà que Dieu, sans y être obligé, totalement gratuitement, par pur amour pour nous les humains, a voulu nous Le donner : par son Fils Jésus-Christ
- venu à notre rencontre en naissant comme homme de la Vierge Marie,
- ayant traversé par amour pour nous la mort sur la croix,
- que le Père a ressuscité au matin de Pâques …
… le Don de son Amour, de son Esprit Saint est fait à tous ceux qui voudront bien s’y ouvrir !

« Si quelqu’un m’aime, il gardera ma Parole. Mon Père l’aimera. Nous viendrons à lui et nous ferons en lui notre demeure » (Jean 14, 23). Roméo et Juliette, Tristan et Iseult, tous les amoureux les plus performants sont battus à plate couture ! Jamais aucune intimité d’amour ne pourra égaler celle que Dieu nous propose de vivre avec Lui en nous donnant, à nous pauvres humains mortels, son propre être, son Esprit Saint. Et cette Présence d’amour de Dieu trois fois saint en nous, voilà qu’il va être proposé de la vivre aux enfants qui vont s’avancer pour la 1ère de leurs (futures et nombreuses) communions. Malgré le dévouement de leurs catéchistes, ont-ils mesuré le Don qui leur est fait ? Bien sûr que non ! Et nous non plus, même si nous communions depuis des années ! Que dimanche après dimanche, le Seigneur fasse grandir en eux, en nous, la vive conscience éblouie du Don qu’Il nous fait. Que ce Don, cet Esprit, nous façonne tout au long de nos existences, pour notre propre joie, celle dont Jésus nous dit que personne ne pourra nous la ravir, et pour en témoigner autour de nous.

Père Jean-Pierre