De nos jours, beaucoup sont tentés par une sorte de pessimisme : « le monde est pourri … il n’y a rien à faire … les hommes politiques cherchent à se faire élire, mais en fait, ils s’en moquent … » Morosité, malaise, dégoût, amertume … dont les justifications ne manquent pas, hélas, pour tout homme lucide : violences, prises d’otages, corruption, chômage, égoïsmes individuels et collectifs, dépravation morale, exploitation de l’homme par l’homme, mensonges idéologiques et publicitaires, mépris des petits et des humbles etc … Dieu, Lui aussi, voit tout cela ! Et pourtant, Il aime ce monde, Il ne se résigne pas au mal qui s’y trouve, au mal qui le touche. Il veut le sauver.

Dieu nous prend à contre-pied. Ce monde qui nous paraît parfois si « moche », si mal fait, si injuste, Dieu l’aime. Dieu est passionné par sa création inachevée qu’Il est en train de conduire à sa perfection. C’est bien ce que nous dit la Croix du Christ vers laquelle la Semaine Sainte nous invite à lever les yeux. Le monde n’est pas absurde. Si nous adoptons le regard de Dieu sur lui, un « regard d’amour », alors, au lieu de continuer à gémir, nous allons donner notre vie pour nos frères à notre tour, à la suite du Christ.

Que ferons-nous pour que cette semaine ne soit pas ordinaire … mais extraordinaire ? Bien sûr, il faut que la vie continue : aller travailler, prendre les transports, faire les courses, nous alimenter, conduire les enfants à l’école… Mais essayons de trouver un peu de temps libre, même court, pour Dieu : accrocher un crucifix chez nous, y mettre un brin de notre buis et prier devant ou en passant dans une église. Pourquoi ne pas savoir dire autour de nous que nous avons besoin de quelque moment parce que c’est la Semaine Sainte ? Nous organiser pour participer aux célébrations proposées JEUDI, VENDREDI et à la veillée pascale de SAMEDI soirs ? Et d’ici là, se laisser habiter par une parole d’Evangile comme celleci à se répéter intérieurement : « Jésus, comme Il avait aimé les siens qui sont dans le monde, les aima jusqu’au bout ! »

Père Jean-Pierre