D’abord, pourquoi nouvelle Evangélisation ? La précédente aurait-elle été mauvaise ? Mal faite ? Sûrement pas, puisque nous sommes là aujourd’hui, attachés au Christ par la Foi, l’Espérance et la Charité, même si l’oeuvre de notre conversion n’est jamais terminée. Nouvelle pas comme un reproche adressé à ceux qui ont cru avant nous et ont été pour nous les témoins de la foi. Nouvelle, car si la foi n’a pas changé, la société, les mentalités, l’air du temps que l’on respire ont, eux, beaucoup changé. Cela servirait à quoi de continuer à témoigner de la foi de toujours dans un langage que ne comprennent plus nos contemporains ? J’ai souvent pensé à ceux du tout début, cette poignée de juifs palestiniens qui étaient les premiers disciples. Ils n’avaient pas été à l’ENA, ils n’avaient pas de journaux ni de chaînes de TV, ils n’avaient pas de financement, de relais d’opinion ni de lobby proche du pouvoir. Au contraire, celui-ci avait plutôt tendance à les persécuter ! Ce n’était que de pauvres gens sans pouvoir ni relations. Et pourtant, en l’espace de quelque temps, leur Evangile s’était répandu dans tout l’espace du bassin méditerranéen. Comment s’y sont-ils pris ? Qu’est-ce qui a donné envie à ceux qu’ils rencontraient de suivre leur chemin et de les rejoindre ?

Jésus, Celui qu’ils voulaient suivre leur avait dit : « Le Royaume de Dieu est semblable à un trésor qu’un laboureur a trouvé dans un champ. Plein de joie, il remet le trésor à sa place, va vendre tout ce qui lui appartient et achète ce champ ». Jour après jour, ils avaient laissé cette Parole prendre corps en eux. Dans les hauts et les bas de leurs vies, ils avaient laissé l’amitié du Christ, celle qu’on reçoit de Lui, celle qu’on veut Lui donner, devenir le trésor le plus précieux de leur existence. Comme dit à Dieu un croyant de la Bible : « Ton amour vaut mieux que la vie ! » (Psaume 62,4). Cela devait les brûler, éclairer leur visage et toute leur vie … et donner envie. D’où cela leur vient-il ? Quel est leur secret ? devait-on se demander.

Et voilà mon souhait de bonne année, pour vous, pour moi : demander à Dieu, et se donner les moyens (temps de prière, de formation…) pour qu’en nous aussi, les disciples du XXIème siècle, l’amitié reçue du Christ, l’amitié donnée au Christ devienne plus profondément, à nouveaux frais le trésor suprême de notre existence, celui auquel on attache tant de prix qu’on est prêt à vendre tout le reste pour l’acquérir, encore plus précieux que la santé (à laquelle on tient bien pourtant). Quelle bonne perspective pour nous ! Et pour le monde dans lequel nous vivons, tellement en panne d’espérance.

Père Jean-Pierre