… c’est la Parole que Dieu adresse à son peuple. Après une défaite qui l’a anéanti, après 70 ans d’exil où toutes les forces vives de la nation ont été déportées à BABYLONE pour y travailler au service du vainqueur, on peut enfin retourner chez soi. Mais après l’enthousiasme du retour, c’est rapidement la désillusion : tout est en ruine, y compris le Temple de JERUSALEM dans les décombres duquel poussent ronces, orties et herbes folles. La plupart des revenants, vu la durée de l’Exil, sont mis en déportation et n’ont pas connu l’époque d’avant, ni la gloire du Temple. De plus, ceux qui sont sur place, comme les agriculteurs qu’on n’a pu délocaliser, ou les colons qui ont pris les places vides voient d’un mauvais oeil tous ces nouveaux arrivants qui se proclament chez eux – l’urgence aussi fait passer au second plan la reconstruction du Temple, signe de la Présence de Dieu au milieu des siens – « On verra plus tard ! » disent les gens, et le « plus tard s’éternise » ! On est loin de « Dieu premier servi ».

Zorobabel, le responsable politique et Josué, le grand prêtre, le responsable religieux, sont guettés par le découragement : tant de difficultés s’amoncellent qu’on a envie de baisser les bras. Alors Dieu, par le prophète Aggée, leur adresse cette Parole :
La parole du Seigneur se fit entendre par l’intermédiaire du prophète Aggée : « Va parler à Zorobabel, gouverneur de Juda, à Josué le grand prêtre, et au reste du peuple. Tu leur diras : reste-t-il encore parmi vous quelqu’un qui ait vu ce Temple dans sa splendeur première ? Eh bien ! Qu’est-ce que vous voyez maintenant ? N’est-il pas devant vous réduit à rien ?
« Mais à présent, courage, Zorobabel ! Courage, Josué, grand prêtre ! Courage, tout le peuple du pays ! Au travail ! Je suis avec vous, déclare le Seigneur de l’univers, selon l’engagement que j’ai pris envers vous à votre sortie d’Egypte, déclare le Seigneur de l’univers. Mon esprit se tient au milieu de vous : ne craignez pas ! … La splendeur future de ce Temple surpassera la première, et dans ce lieu, je vous ferai don de la paix. Parole du Seigneur de l’univers.
AGGEE 1, 15b-2,9 (Parole écoutée en Eglise, vendredi 23 septembre)

Et si nous l’accueillions comme actuelle, adressée à nous aujourd’hui en ce temps de rentrée ? La Parole de Dieu ne sent pas la naphtaline. Elle n’est pas surgelée, fixée dans le contexte historique dans lequel elle fut rédigée dans la Bible. La Parole de Dieu est toujours vivante !
Le Temple à reconstruire, ce n’est pas seulement le bâtiment pour le relèvement auquel Zorobabel et Josué doivent mobiliser les énergies de tous. Le Temple, c’est maintenant le Corps du Christ dont nous sommes les Pierres Vivantes, chez nous, notre paroisse, construction qui jamais ici bas ne sera terminée, chantier auquel, chacun a sa place, le Seigneur nous appelle.

AU TRAVAIL ! NE CRAIGNEZ PAS ! nous dit le Seigneur. COURAGE ! nous répète-t-il par trois fois … la méthode Coué d’autopersuasion ? Non pas !
JE SUIS AVEC VOUS ! Mon Esprit se tient au milieu de vous ! La Splendeur future de ce Temple (à la construction duquel je vous appelle avec moi) dépassera la première.

Père Jean-Pierre