Il est important pour un chrétien d’essayer de mieux connaître l’empereur Constantin, puisqu’il a été le premier, après des siècles de persécution et de totale intolérance envers le christianisme, à autoriser sa pratique après s’être lui-même converti. Hubert Ploix nous propose dans ce Lien et dans le prochain Lien de l'été de faire la lumière sur ce personnage complexe, sur la base d'une récente biographie signée Pierre Maraval (*).

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Une biographie est parue récemment, aussi claire qu’il est possible étant donné la complexité du monde romain et le manque de certitudes que l’on a sur bien des points. Tentons avec l’auteur de démêler le vrai du probable sur les questions les plus intéressantes pour nous sachant que les sources d’information à la disposition de l’historien sont très nombreuses : lettres et discours de l’empereur, panégyriques prononcés dans les grandes occasions, textes de personnages contemporains. Ces écrits sont disparates et plus ou moins fiables, les uns positifs et d’autres négatifs suivant le but recherché et les croyances de leurs auteurs, ce qui rend très difficile le travail des historiens. On peut aussi s’appuyer sur les monnaies et médailles très nombreuses à être frappées à l’époque, les inscriptions sur des monuments et les documents juridiques. En dépit de cela, de nombreux détails de la vie de Constantin restent mal connus, à tel point qu’il a pu être qualifié de “Sphinx de la science historique”.

Le père de Constantin, Constance, était un des quatre membres de la tétrarchie qui se partageaient alors le vaste empire. A l’inverse de Dioclétien, un des trois autres, qui fut un persécuteur des chrétiens, il n’était pas hostile au christianisme mais n’élèvera pas son fils dans des sentiments chrétiens. Sa mère, Hélène, était une modeste servante d’auberge, non officiellement mariée. Elle se convertira à la suite de son fils. Elle laissera une trace dans l’Histoire puisque, étant allée en Palestine en 326 après sa conversion, c’est elle qui aurait fait procéder à des fouilles sur le site du Golgotha, permettant de retrouver la Croix du Christ. Il semble aussi qu’elle soit à l’origine de la construction de basiliques à l’emplacement des Lieux Saints, à Bethléem, au mont des Oliviers et au Saint-Sépulcre ou qu’elle ait veillé, lors de son voyage, à l’achèvement de ces constructions ordonnées par Constantin. Ambitieux et déjà valeureux, Constantin s’est imposé comme un des quatre empereurs, à la mort de son père, en 306. Il a alors environ 32 ans et commence un règne de 31 ans, particulièrement long et fécond. Son père s’étant marié, cette fois en justes noces, Constantin eut six demi-frères ou demi-soeurs. Il aura lui-même quatre fils et deux filles. Le contexte est marqué par les rivalités entre empereurs ; des guerres incessantes contre les barbares, Francs, Goths, Alamans … ; des sièges, prises et saccages de villes ; de très nombreux voyages d’un bout à l’autre de l’empire, en Bretagne et en Espagne, d’abord, et plus tard jusqu’en Asie.

Un des premiers événements marquants de son règne est sa victoire sur Maxence en 312. A la veille de la bataille dite “du pont Milvius” (sur le Tibre, au nord de Rome), il aurait eu un songe ou une vision – une croix dans le ciel – qui lui promettait la victoire. Quoi qu’il en soit de la réalité de ce songe ou de cette vision, les textes qui les rapportent expriment la conviction de Constantin qu’il devait sa victoire au Dieu chrétien, ce qui a provoqué sa conversion. Ses lettres de cette période attestent sans ambiguïté qu’il a adhéré fermement au christianisme dès ce moment-là. Pourtant, tout en affirmant son adhésion au Dieu des chrétiens, il a su agir en diplomate afin de ne pas heurter les tenants de la religion traditionnelle.

A suivre