À l'occasion de la journée mondiale du refus de la misère, l'association ATD- Quart monde a publié, jeudi 17 octobre, un rapport original sur la pauvreté. Conçu en partenariat entre des chercheurs, des travailleurs sociaux et des personnes pauvres elles-mêmes, il s'affranchit de la définition purement économique de la pauvreté et décrit huit dimensions de ce phénomène. L'association espère qu'il servira de base à la conception de nouveaux indicateurs pour mesurer la pauvreté.

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En France, l'Insee estime que 9,3 millions de personnes étaient en situation de pauvreté en 2018, soit une augmentation de 0,6 point par rapport à 2017. L'Institut national de la statistique définit la pauvreté comme le fait d'avoir un niveau de vie inférieur à 60% du revenu médian (environ 1 000 euros par mois).
Cette définition est trop économique pour ATD - Quart monde qui a décidé de mener une étude avec l'université d'Oxford dans six pays du monde, dont la France, entre 2017 et 2019.

Le rapport distingue huit dimensions de la pauvreté et définit "deux expériences constantes et transversales", la dépendance aux autres et le combat pour résister à la situation. De manière traditionnelle, on retrouve "les privations matérielles et de droit", comme le manque d'argent, de vêtements ou de nourriture. L'impact de la pauvreté sur la santé physique et mentale des personnes est aussi un des aspects. Les "contraintes d'espace" et de "temps" sont aussi très présentes, par exemple lorsque les personnes vivent dans la rue ou au jour le jour, faute de pouvoir se projeter dans l'avenir. L'isolement subi ou recherché, fréquemment constaté chez les personnes en situation de pauvreté, fait également partie des huit dimensions définies par le rapport.
Certaines dimensions établies par le rapport d'ATD-Quart monde sont plus surprenantes. Ainsi, les pauvres ressentent une maltraitance institutionnelle et sociale, c'est-à-dire qu'ils ont le sentiment d'être soit invisibles, soit pointés du doigt parce qu'ils "profiteraient" des aides sociales. Les "peurs et souffrances" sont aussi très présentes chez les personnes en situation de pauvreté : frustrations, colère, honte, dépréciation de soi...

L'étude menée par ATD-Quart monde pointe également certains aspects positifs de la pauvreté. Ainsi, les personnes en situation de pauvreté développeraient des compétences (détermination, résilience, persévérance...) en cherchant des solutions à leur situation. Malheureusement, ces compétences ne sont souvent pas reconnues, regrette le rapport.

source : https://www.atd-quartmonde.fr/recherche-france-sur-les-dimensions-de-la-pauvrete/