La grâce du Carême est d’abord une grâce pour un peuple, une Église, une famille. Devant les maux qui gangrènent notre société et notre Église, Dieu appelle à reconnaître le mal, à reconnaître que nous pactisons quotidiennement avec le mal : « arrêtez de faire le mal, apprenez à faire le bien » dit-il par la bouche du prophète Isaïe.

Le plus grand de ces maux, source de tous les autres, est l’oubli de Dieu, de la prière, de l’écoute de la Parole de Dieu, de la célébration des sacrements de la foi. Même les chrétiens s’habituent à vivre sans référence à Dieu dans leur quotidien sous prétexte de laïcité… Or, la laïcité n’est pas de vivre sans Dieu dans le quotidien et dans l’espace public, c’est d’accepter que d’autres puissent vivre aussi avec d’autres croyances ou philosophies. Ce n’est pas la même chose !

Le second de ces maux est le mépris des plus faibles qui va s’exprimer par l’exclusion, l’injustice sociale et la course effrénée à la consommation et aux plaisirs immédiats. Le tout conduisant à une idolâtrie du « moi je » ! Après, nous nous plaindrons de ne pas être écoutés ; après, nous nous plaindrons qu’il n’y a pas assez de médecins ; après, nous nous plaindrons que les enfants et les jeunes ne tiennent pas en place… Les gilets jaunes ne parlaient pas solidarité et attention aux plus démunis, ils disaient la peur et leur rage d’être déclassés, invisibles… Pour la plupart ils sont de la classe moyenne ! C’est sur les ronds-points qu’ils ont commencé à redécouvrir la solidarité et l’ouverture à l’autre… mais « entre eux » !

Face à ces deux principaux maux qui engendrent tous les autres, Dieu nous invite non seulement à prendre conscience du mal qui en découle, à en demander pardon concrètement… Dieu nous donne aussi deux moyens puissants pour changer les choses et lui permettre de renouveler à travers nous les mentalités de la société :

L’ADORATION : « Écoute : le Seigneur notre Dieu est l’Unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta force. » (Deutéronome 6, 4-5)
L’AMOUR DU PROCHAIN : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Matthieu 22, 39) C’est la fraternité que n’offre plus notre culture … Et Jésus de dire « Que toute la Loi » se résume à ces deux commandements et qu’ils ne font qu’un (Matthieu 22, 35-40).

La grâce du carême sera de prendre du temps pour mettre en oeuvre ces deux commandements. La grâce du carême sera d’adorer Dieu au cours de nos activités et d’être éveillés à notre prochain dans notre prière… ET SI LE CARÊME ÉTAIT LE RENDEZ-VOUS QUE DIEU NOUS DONNE pour prendre du temps avec Lui et avec nos proches !!!

Guillaume Villatte,  prêtre
Curé du Plessis-Bouchard et de Franconville-gare