Le mardi 8 décembre, des réfugiés syriens ont été accueillis à l’Appart’ des étudiants de Cergy. Moment de détente et de joie bénéfique à tous. L'un d'entre eux, Pierre, raconte.

« Ahlan wa sahlan ! » C’est par ces mots de bienvenue en arabe que j’ai accueilli mardi soir Nour, Zuhair, Moutaz et Omran à l’Appart’. Ayant eu la chance d’étudier cette belle langue lors de mes années de licence, j’étais ravi de rencontrer quelques réfugiés syriens hébergés à la Base de loisirs de Cergy. (..). Après une messe en l’honneur de l’Immaculée Conception, ils se sont joints à nous à l’Appart’. Le contact se noue rapidement entre les jeunes habitués et les jeunes invités qui échangent sur leurs études et leurs centres d’intérêt respectifs, en anglais et en français. Les étudiants sont intrigués par le livre de Moutaz, une méthode pour apprendre le français destinée aux arabophones. Jacques, quant à lui, pose des questions à Nour pour apprendre des rudiments d’arabe dialectal syrien. Puis vient le bénédicité et nous passons à table.
Benjamine nous a préparé un plat végétarien légèrement épicé à base de pâtes. (..). Les conversations se poursuivent, en anglais, en français, en arabe. Discussions enrichissantes et sources de détente. Après le réconfort, l’effort ! Il va falloir faire preuve de créativité pour les ateliers chant, Pictionary et Time’s up. Les étudiants syriens et français sont mélangés et répartis dans trois groupes qui feront, chacun, deux ateliers. (...) Au cours des jeux, des mots que je croyais inspirateurs pour des syriens font chou blanc, par exemple : « chameau » et « harissa ». Mais Zuhair m’a expliqué que, dans un pays verdoyant comme la Syrie, il n’y a pas de désert, donc pas de dromadaire. Quant à la harissa, il n’est pas habituel d’en déguster en ces contrées ; c’est une sauce d’origine maghrébine, surtout utilisée en Tunisie. Il faut se méfier des amalgames.
Nous finissons la soirée par un temps de prière adapté à nos invités d’origine musulmane. Nous lisons en anglais, puis en français, le texte de saint François d’Assise : « Seigneur, fais de moi un instrument de Ta paix… » S’ensuit un temps de silence, puis Omran nous remercie chaleureusement pour le bon accueil que ses compagnons et lui ont reçu. Chacun repart chez soi le coeur rempli d’allégresse et de paix. Certains ont échangé leur numéro de téléphone avec ceux de nos amis réfugiés, avant de se dire « A la prochaine ! » Ou plutôt, comme on dit en arabe : « ‘Ilâ-l-liqâ’ ! »

Source : catholique95.fr