C’est finalement avec le soleil, la pluie attendant la fin de la cérémonie, que les funérailles chrétiennes de Madame Carric ont été célébrées le mardi 25 février. Conformément à ses voeux, c’était à l’église Saint- Nicolas, bien trop petite pour accueillir plus de 140 paroissiens. Heureusement, des barnums et chaises étaient installés sur le parvis, sonorisé à cette occasion. Beaucoup ont témoigné de la foi et de l’attachement de Georgette à sa commune. Serge, qui l’a accompagnée jusqu’à ces derniers jours, se souvient…. :

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« Quel bonheur de t’avoir rencontrée, connue et aimée !
Il y a 10 ans, ton très cher fils, Alain, t’avait organisé une gigantesque fête pour tes 90 ans. Un moment inoubliable pour ta famille, tes amis et tes anciens élèves. Tout le monde s’en rappelle encore aujourd’hui. Entre Alain et moi, ce fut le début d’une grande amitié.
Les années ont passé avec de très bons moments de joie et aussi de douleur. Je me rappelle lorsque tu es tombée dans l’église en allant voir la crèche et que tu t’es retrouvée hospitalisée de longs mois avec d’énormes difficultés pour parler et marcher. Je revois ta joie, en février, lorsque le kiné t’a fait remarcher pour la première fois dans le couloir, tu étais aux anges et j’étais là. Tu m’as demandé, à cette époque, de réciter les prières du « Notre Père » et du « Je vous salue Marie », car tu ne te rappelais plus les paroles. On l’a fait ensemble, en communion. Les médecins, après ta chute, nous disaient que tu n’en avais plus pour longtemps. Eh bien, non, ça a été comme une résurrection. Alain et nous tous, en étions très heureux. Une autre fois, en montant dans la voiture d’Eric, le fils à Denise Deshaye, tu te fractures le pied, et retour à l’hôpital pour près de 4 mois. Là aussi, les amis sont passés te voir tous les jours.
Et puis, cette belle maison qui te rappelait ton aimé Yves, tu as été obligée de la quitter pendant la mauvaise saison pour séjourner au Grand Clos ces deux dernières années. Car tu t’affaiblissais et à la moindre chute, c’était « au secours, les pompiers ! ». Mais, dès les beaux jours, tu revenais pour profiter de ton jardin et de tes pigeons qui sont, maintenant, en pension chez ton ami Jean-Louis Guillemain, le kiné d’Yves. De nombreuses fois, tu te rendais à Villabé chez Alain et tu y retrouvais d’autres vieux amis comme Gisèle, ta belle-soeur, et Corinne, la maman de tes petits-enfants, Stéphane et Jennifer. Et ce fut le drame, fin mai 2018, quand Alain est décédé brutalement. Tu ne t’en es jamais remise. Et la petite équipe, près de toi, te consolait du mieux qu’elle pouvait. Combien de fois tu as remercié Josiane, Christiane, Annick et quelques autres d’être à tes côtés ? C’est parce qu’on t’aime !
Je te revois, ce mois de janvier, dans ta petite chambre du Grand Clos où tu rayonnais de bonheur parce que tu venais de rencontrer ton arrière-petit-fils, Lino, le petit dernier, né au mois d’août, un garçon que tu attendais impatiemment après trois arrière-petites-filles, Karissa, Kassidee et Héléna. Tu nous as dit, les larmes aux yeux de bonheur : « maintenant, je peux partir ! ». Trois semaines avant ton grand départ, tu nous as raconté un rêve que tu venais de faire dans la nuit et que tu te rappelais fort bien. Tu nous as décrit un monde tout blanc, avec des maisons blanches, des murs blancs, une vision sereine et calme avec cette couleur que tu n’avais jamais vue. Cela te chagrinait. Je t’ai expliqué que tu venais de voir l’entrée du Paradis et que tu étais bien destinée à y entrer. Exceptionnellement, Dieu t’a montré le début de ta future vie. Tu étais rassurée. Le mardi de ton départ, j’ai mis entre tes doigts mon chapelet. Trois heures après, tu nous quittais pour ton grand voyage vers le Père.
Merci à Dieu, notre Père, à Jésus-Christ et à l’Esprit Saint qui t’a guidée et qui m’a « secoué les puces » ce jour-là.