« … qu’ils soient un comme Toi et moi, Père, nous sommes un » (Jn 17, 22)

On comprend l’émotion avec laquelle Jean transmet ces paroles quelque soixante ans après la mort de Jésus : ceux qui s’appelleront désormais « chrétiens » font, de leurs différences, des causes de graves conflits. Et aujourd’hui, comment les recevons-nous ? Comment pouvons nous en faire notre prière, une vraie prière ?... Prier pour l’unité, c’est prier pour quelle unité ?... Jésus aurait-il prié pour une unité qui mutilerait les personnalités en les privant de s’exprimer librement et de rechercher avec toute la communauté chrétienne la vérité de Dieu ?

Jésus demande à son Père l’unité des disciples afin que le monde croie qu’Il a été envoyé par Lui pour libérer les hommes de tout mal et pour les rassembler. Une unité dynamique qui se cherche, qui se fait et restera toujours à faire. Jamais atteinte, jamais parfaite. La vouloir parfaite au terme des efforts des croyants, ou de quelques-uns, ou d’un seul, n’est-ce pas refuser de la recevoir de Dieu, elle qui ne peut venir que de Lui seul ? Quand une communauté n’accepte pas en elle la diversité, la confrontation, le dialogue et le débat, elle est triste, monocolore, monobloc, sans vie, sans avenir.

Seigneur, nous sommes malades d’uniformité. Guéris-nous de cette tumeur ! Seigneur, nous sommes rongés par la peur de la confrontation et du dialogue. Libère-nous de cette peur ! Et alors, ensemble, nous pourrons Te chercher en vérité, en hommes libres.

Père Hyacinthe Vuilliez, dans « Dieu si proche