La solennité du Christ Roi que nous célébrons aujourd’hui, n’est pas quelque chose de facile à appréhender. « Royauté », « règne », « royaume »… Comment cela peut il raisonner dans la tête et le coeur d’une personne vivant dans une culture républicaine et laïque ?

Sainte Thérèse de Jésus commente cette demande de la prière du Notre Père. Elle dit : « Dans le Royaume du ciel, l’âme ne fait plus aucun cas des choses de la terre (elle n’est plus dominée par ses passions égoïstes) ; elle trouve le repos en elle même ; elle se réjouit de la joie de tous ; elle possède une paix perpétuelle ; elle éprouve une satisfaction profonde en voyant que tous les élus sanctifient ou louent le Seigneur, bénissent son Nom, sans que personne ne l’offense… C’est de la sorte que nous l’aimerions sur la terre, si nous le connaissions… même si c’est avec une moindre perfection… ». « À coup sûr, poursuit-elle, IL NE FAUDRAIT PAS DEMANDER DES CHOSES IMPOSSIBLES…

Néanmoins il y a des moments où le Seigneur, voyant l’âme fatiguée par la route, met d’abord toutes ses facultés en repos, puis la mène elle-même dans un calme profond ; et il lui fait alors clairement comprendre, comme s’il lui parlait par des signes, quelle est la saveur des faveurs réservées aux habitants de ce royaume. Quand il accorde cette grâce, que nous lui demandons tous, il accorde en même temps de tels gages d’amour que l’âme entretient le ferme espoir d’aller jouir toute l’éternité de ce qu’elle ne peut goûter ici-bas que rarement. » (Chapitre 32 du Chemin de la Perfection).

N’est-ce pas ce que chacun de nous expérimente un jour ou l’autre dans un moment de prière, une communion, un grand rassemblement, une rencontre amicale… ? DIMANCHE DERNIER n’avons nous pas expérimenté la présence du Seigneur d’une façon plus forte que d’ordinaire ? Des personnes de passage dans notre Communauté nous disent qu’il se passe quelque chose, il y a une vie intérieure, une affection mutuelle, une présence mystérieuse… ELLE SE MANIFESTE AUJOURD’HUI D’UNE FAÇON NOUVELLE, ELLE S’ÉTAIT MANIFESTÉE PAR LE PASSÉ PAR D’AUTRES SIGNES ADAPTÉS À L’ÉPOQUE ET À LA VIE DE LA PAROISSE. N’est-ce pas ce que nous expérimentons quand nous voyons notre assemblée dominicale plus nombreuse, avec plus de familles et de jeunes adolescents ? N’est-ce pas ce règne de Dieu que nous expérimentons dans l’accueil d’adultes qui demandent le baptême (ils sont cinq), un nouveau vient de prendre contact après la messe de dimanche dernier… Lorsque la puissance du Mal, celle de nos vieilles habitudes laisse la place à une vie plus ample et plus belle, alors nous goûtons au Règne de Dieu. Notre joie se dilate et rayonne.

Oui avec le Christ ne cessons pas de dire à Dieu « Que ton règne vienne », avec l’Église ne cessons pas de dire : « Viens Seigneur Jésus ». Voilà une belle prière pour se préparer au temps liturgique de l’Avent !

Guillaume Villatte,  prêtre
Curé du Plessis-Bouchard et de Franconville gare