Cette expression est tirée du message que notre pape Benoît XVI a publié pour la récente Journée Mondiale des Migrants et Réfugiés à laquelle l’Eglise catholique prend chaque année une part active. Il surprend tout son monde, car ce n’est vraiment pas habituel de regarder la question sous cet angle !
Pèlerinage, car migrer, c’est partir, quitter, se bouger comme l’a fait Abraham en accueillant l’appel de Dieu, comme l’ont fait les Mages en partant à la suite de l’étoile.
De foi. Pas, bien sûr, au sens d’une démarche d’adhésion au Christ, comme celle qu’on proclame au baptême. Foi au sens où, pour tout quitter, il faut « y croire » comme un naufragé qui se lance sur un canot en quittant le bateau qui coule et l’engloutirait avec lui.
D’espérance, car partir de chez soi, c’est espérer que cela peut être mieux ailleurs. Contrairement à ce qui peut être dit, ces personnes ne partent pas de chez elles juste pour s’enrichir, mais parce qu’elles y sont contraintes et forcées.
Ce message du Saint-Père est une incitation à aller à contre-courant d’une époque marquée par la réticence à l’accueil de l’étranger, y compris chez les catholiques. Pendant la période dite des « Trente Glorieuses » période de reconstruction de l’après-guerre, période de croissance et de plein emploi, la présence des étrangers ne posait pas de difficulté. On allait au contraire les chercher au loin pour participer à notre développement. Aujourd’hui, dans le contexte de la crise que nous traversons, nous sommes parfois tentés par la peur et la méfiance à l’égard de l’étranger. On constate des phénomènes croissants d’intolérance et de rejet à leur égard, et cela, même parmi les chrétiens.

Les responsables de la pastorale des migrants récusent toute accusation de naïveté. Certes, dit Mgr Dognin, chargé du dossier au sein de la Commission des Evêques de France, il y a des difficultés : celles qui tiennent à l’emploi, au logement mais aussi à la crise morale dans les quartiers défavorisés entraînant des actes de délinquance et on peut comprendre que pour beaucoup de chrétiens, ce n’est pas simple. On peut comprendre que certaines réactions soient assez vives. Les persécutions subies par les chrétiens dans certains pays peuvent aussi accentuer les peurs. « Nous constatons ces peurs » dit Mgr Dognin «mais nous devons les dépasser ». De leur côté, les évêques des Pays de Loire appellent tous les baptisés à changer de regard sur les personnes migrantes et réfugiées. « Nous invitons toutes les communautés chrétiennes à réfléchir à leur accueil » selon la Parole de Jésus rapportée par St Matthieu : « J’étais un étranger, et vous m'avez affaibli".
Père Jean Pierre