Dimanche dernier, par un oubli, le prêtre d’Ermont qui devait me remplacer, n’est pas venu pour célébrer l’Eucharistie. Mon téléphone étant sous mode silencieux je n’ai pas entendu l’appel qu’un membre de l’Equipe d’Animation Pastorale m’a envoyé…
Après un léger temps de flottement, les membres présents de l’Equipe d’Animation Pastorale et quelques paroissiens ont su rebondir d’une belle façon : chants, proclamation de la Parole de Dieu, prière universelle, commentaire de l’évangile pris sur le net, préparation à la sainte communion et communion à partir de la sainte réserve du tabernacle… Ce qui fut aussi signe d’une belle maturité, c’est la présence paisible et priante de chacun et de chacune de vous… Vous n’êtes pas partis pour chercher une messe, mais vous êtes restés pour accueillir le Seigneur avec les membres de la Communauté chrétienne.

Lorsque j’ai appris cela, mon premier réflexe fut de rendre grâce ; le Seigneur nous a ainsi dévoilé quelque chose de notre communauté, de son être profond…
Bien sûr je fus peiné qu’aucun prêtre n’ait pu être présent pour célébrer le sacrement de l’Eucharistie ; avec le curé d’Ermont (très affecté par ce « raté ») nous allons voir comment éviter que cela se reproduise. En cherchant à entendre l’appel de Dieu à « CHOISIR LA VIE » (Deutéronome 30, 19) et afin de nous aider à entendre les appels à la conversion que l’Esprit Saint nous fera pendant le temps liturgique du Carême …

Notre culture française est profondément marquée par une insatisfaction. Dans le même temps nous cherchons à posséder toujours plus, à nous surpasser… C’est une sorte de fuite en avant, une course à la consommation, au bien-être matériel et à la performance. Reconnaissons-le, c’est épuisant ; l’objectif est hors de notre portée ! Attention, nous nous comportons ainsi les uns vis à vis des autres ; les enfants sont éduqués dans cet esprit (avec plus ou moins de nuances).
Le Christ, par sa vie et ses enseignements, nous avertit « de rester vigilant et sobre » (Lc 21, 25-36) afin que notre coeur ne s’appesantisse pas et ne rate pas la manifestation du Seigneur. « Le Sabbat est fait pour l’homme », pour qu’en se reposant, il puisse prendre conscience des dons reçus et rendre grâce à Dieu, tout en approfondissant les liens qui l’unissent à ses proches. C’est là toute la richesse et la profondeur humaine du dimanche …

Voici une belle parole de l’ecclésiaste au chapitre 3, 12-13 : « J’ai compris qu’il n’y a rien de bon pour les humains, sinon se réjouir et prendre du bon temps durant leur vie. Bien plus, pour chacun, manger et boire et trouver le bonheur dans son travail, c’est un don de Dieu. »

Guillaume Villatte,  prêtre