Ce nom semble tellement connu, trop connu sans doute. Tant de communes et d'églises sont vouées à ce personnage, qu'on ne sait ce qui relève de l'histoire ou de la légende. Pourtant, Martin a bien existé et a vécu au IVème siècle, et son influence est immense.
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Il est né en 316 en Pannonie, à Savaria (aujourd’hui Szombathely en Hongrie). Il fut élevé à Pavie en Italie du Nord. Son père, officier dans l’armée romaine, l’enrôla comme soldat et Martin servit dans la cavalerie impériale. Martin eut très tôt la volonté de devenir chrétien et de vivre une vie totalement consacrée à Dieu. Alors qu’il était en garnison à Amiens, en Gaule, un jour d’hiver glacial, un mendiant nu implora son secours. Martin, n’ayant plus d’argent sur lui, coupa son manteau en deux et en donna une moitié au mendiant. La nuit suivante, Martin vit en songe le Christ revêtu de la moitié de son manteau donnée au pauvre. Dès lors, Martin est baptisé et va quitter l’armée. A cette époque, l’évêque de Poitiers, Hilaire avait une grande réputation de défenseur de la foi trinitaire et Martin le rejoint. Après un long voyage missionnaire, passant par Milan et Rome, Martin revient à Poitiers et Hilaire encourage son installation dans un ermitage à Ligugé où il attire des disciples. La réputation de Martin, faiseur de miracles, se répand et les tourangeaux, en quête d’un évêque, viennent le solliciter. Martin prend à coeur sa nouvelle fonction mais veut aussi rester moine et fonde, à proximité de Tours, le monastère de Marmoutier. Martin ne limite pas son action pastorale au seul diocèse de Tours. Il voyage à travers la Gaule, lutte contre le paganisme par des actes spectaculaires mais surtout par des gestes de miséricorde : chasser les démons, guérir les malades ; guérisons miraculeuses qui jalonnent ses déplacements.
Malgré son âge et sa fatigue, il se rendit à Candes, une paroisse qu’il avait fondée à la confluence de la Loire et de la Vienne. Il voulait apaiser une querelle entre les clercs de l’endroit. Il y réussit et mourut pieusement dans ce village à l'âge de 81 ans. On rapporta sa dépouille à Tours au milieu de toute la foule des tourangeaux, citadins et paysans, et plus encore près de deux mille moines accourus de partout participèrent à ce deuil universel. Il fut inhumé dans un cimetière à l’ouest de la cité gallo-romaine. Rarement un personnage historique, et qui plus est un saint, n'a laissé une aussi profonde empreinte dans la culture collective. Cet héritage matériel légué par saint Martin se retrouve dans de nombreuses us et coutumes avec leurs prolongements festifs. Mais il est surtout remarquable dans la diffusion du patronyme "Martin" ou "Saint-Martin". En effet, plus de 270 000 Français portent ce nom de famille, largement plus répandu que les Durand ou les Dupont.
Par ailleurs, son nom a été attribué partout dans le monde à des villes, des villages, des monuments dont principalement des églises. Ainsi en France, sont dénombrées 400 communes qui portent son nom et 3678 paroisses qui lui sont dédiées. En Belgique, elles sont au nombre de 362, 163 en Grande-Bretagne, 100 en Hongrie, 75 aux Pays-Bas… Charlemagne fit construire la Chapelle à Aix pour conserver la chape de saint Martin et les rois de France, à partir du Xème siècle, furent les abbés de la basilique de Tours. Martin, français par excellence ? Mais il est aussi un saint « national » en Allemagne ou en Hongrie. Enfin les missions chrétiennes dans le monde l’ont porté sur tous les continents, par exemple en Amérique latine ou aux Philippines.

Du 11 au 13 novembre, des pèlerins du diocèse vont partir sur les pas de Saint Martin dans la région de Tours, à l'occasion des fêtes du 1700ème centenaire. Soyons en union de prière avec eux.

source : site saintmartin-tours.fr