De nos jours les manifestations sont des mouvements de foule qui cherchent à s’imposer, à imposer leur façon de voir… Un rapport de force cherche à s’instaurer…
L’ÉPIPHANIE est une manifestation d’un tout autre ordre. Lorsque « Dieu manifeste », si je puis me permettre cette expression, il n’y a pas de rapport de force…
Dans l’évangile de l’Épiphanie nous contemplons « des mages venus d’Orient ». Ils se sont laissé attirer par « un astre ». C’est à travers leur quête humaine, philosophique et religieuse qu’ils ont perçu un appel. Ils se sont mis en route ! Ils ont quitté leur lieu de vie et leurs certitudes sans doute…
Ils cherchent « le Roi des Juifs qui vient de naître » ; en quoi cela les intéressent-ils, eux qui appartiennent à d’autres peuples ? Pressentent-ils, sans le savoir encore, un mystère dans la naissance de cet enfant ?
Tout au long de leur pérégrination, un cheminement intérieur s’est poursuivi en eux. La lumière de l’étoile était aussi une lumière intérieure qui les guidait vers Celui qui est « Lumière, né de la Lumière » et qui « s’est rendu visible à nos yeux » en Jésus le Christ. Lorsque, éclairés par la Parole de Dieu qui est dans la Sainte Écriture, lorsque ayant revus l’étoile « ils furent remplis d’une très grande joie »… Alors se passe en eux quelque chose qui les dépasse : leur geste d’offrande, de vénération devient adoration du Très Haut dans ce petit enfant. « Ils tombèrent à genoux et se prosternèrent… »

La « manifestation de Dieu » s’offre à nous, elle ne s’impose pas. « Se laisser attirer », « sortir de soi », « cheminer longuement », « se laisser guider par la Sainte Écriture », et à un moment accepter d’être dépassé, comme transporté et « offrir sa vie » comme témoignage de reconnaissance, don de soi…
Qu’il puisse en être ainsi pour notre Communauté chrétienne, nos familles et chacun de nous… Qu’il puisse en être ainsi pour l’Église et toute la famille humaine…

Guillaume Villatte,  prêtre
Curé du Plessis-Bouchard et de Franconville gare