Le chanteur français Michel Delpech, amoureux de la musique et de Jésus décédé le 2 janvier 2016 à l'âge de 69 ans, était, au-delà de l'artiste populaire, un fervent chrétien. "Aimer Jésus" était sa plus belle chanson d'amour, disait-il. A la suite de la rencontre avec un moine bénédictin, la star des années yé-yé avait dévoré les écrits de Jean de La Croix, François de Sales, Thérèse de Lisieux, du starets Silouane. « Dieu et moi ne se sont plus quittés », écrit-il en 2013. L'artiste, décédé d'un cancer de la langue, n'avait révélé publiquement sa foi que dans ce livre paru en 2013, intitulé : « J'ai osé Dieu ». Il y avouait avoir « probablement toujours été chrétien ». Il avait jusque-là tu ses croyances, par peur des railleries, par crainte d'ennuyer son auditoire ou encore de dévoiler ce qu'il avait de « bien plus intime que sa vie privée », confiait-il en 2014, au quotidien français « Ouest France ». Il avait néanmoins franchi le pas de la révélation. « Si je m'en allais sans jamais en avoir parlé, j'aurais des regrets », assurait-il dans le journal. Il avouait mener depuis près de quarante ans une « double vie de paillettes et de croyant ». Il partageait son intimité, derrière la scène, avec un « guide », un « ami », un « frère » nommé Jésus. Élevé dans la tradition catholique, comme beaucoup des jeunes de son temps, l'auteur de « Pour un flirt », disait n'avoir pas pour autant baigné dans un environnement très croyant, à Pontoise. « Le catéchisme était davantage une occasion d’acheter des chewing-gums à l’épicerie d’à côté que d’écouter des bondieuseries ! ». A l’âge de 25 ans, il est tenté par les spiritualités orientales : la méditation transcendantale, le bouddhisme, l’hindouisme… « Et je ne voulais pas entendre parler du christianisme, synonyme pour moi d’austérité, de souffrance et de péché ». A la fin des années 1970, en plein succès, il est victime d'une profonde dépression, dans le sillage d'un douloureux divorce. Le témoignage de Frère Odon, un ex-junkie devenu bénédictin, au début des années 1980, le réoriente vers la foi chrétienne. Il part en retraite à l'abbaye normande de Saint-Wandrille et dévore les écrits des mystiques et des théologiens. « Les quelques jours passés là-bas ont transformé mon mal-être en bien-être. Tout s’unifiait », a-t-il raconté. Il se convertit en 1985. Michel Delpech se remarie alors avec Geneviève dans une petite église copte orthodoxe de Paris. Le couple se rend à Jérusalem. Et là, au Saint-Sépulcre, devant le tombeau du Christ, le chanteur explique s'être agenouillé et avoir senti Dieu entrer dans sa vie. « C'était très doux ». En résonnance avec l'Année sainte de la miséricorde, célébrée actuellement dans le monde catholique, il disait : « Dieu attend toujours que nous venions à Lui. Il n'est pas rancunier. Il nous reçoit même si on Le fait patienter ». Il se déclarait « aussi à l'aise chez les chrétiens coptes que chez les catholiques ». « Je le regrette, mais c'est comme ça. Leurs différences ne sont pas importantes pour moi, estimait-il. Ce qui est important, c'est l'amour (…) Aimer, c'est le vrai, le seul travail (…) Ah, si je pouvais appliquer la maxime de saint Augustin : ‘Aime et fais ce qui te plaît’ ».

(source : Info Catho du 6 01)

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