Il y a déjà plusieurs mois que la revue du diocèse « Eglise en Val d’Oise » était en sursis, avec une diffusion limitée (550 abonnés) et un coût disproportionné eu égard au nombre d’abonnés. Et en avril dernier, le couperet de l’évêché tombait : « Eglise en Val d’Oise » allait cesser sa parution. Elle vient d’intervenir avec son dernier numéro, le 337ème, celui de juillet-août-septembre 2017.

Une des meilleures revues diocésaines disparaît, surtout victime d’un manque de diffusion. Moyen d’information irremplaçable sur toutes les initiatives prises dans les paroisses par les communautés, mouvements, services en matière de catéchèse, liturgie, interreligieux, oecuménisme, bref sur tout ce qui pouvait booster les communautés paroissiales. Sa cessation a été annoncée aux abonnés par une circulaire glissée dans son avant-dernier numéro, signée de Daniel Ducasse, vicaire épiscopal et directeur de la rédaction : « Cette décision correspond à un mouvement général qui frappe la presse écrite et les bulletins diocésains en particulier ». Reconnaissant que cette décision « est un grand changement pour l’histoire de notre diocèse », il explique l’ambition de celui-ci de s’adresser « à un public plus large » que les habituels responsables de la pastorale, entre autres, aux jeunes, aux personnes de la périphérie et à celles qui sont en recherche de sens, selon les orientations données par notre évêque, Mgr Stanislas Lalanne : une réorientation actuelle de la presse diocésaine, et ce, à l’heure de l’avènement de la communication digitale. Attendons-nous donc à ce que, dans les mois ou années à venir, l’information diocésaine nous arrive via le web voire par les réseaux sociaux. Mais l’information digitale n’aura jamais la qualité de l’information sur papier. De nombreux diocèses en sont persuadés qui ont tenu à opter non pour le tout-numérique mais pour le bi-média, le journal papier permettant de garder une trace écrite de la vie du diocèse pour les décennies à venir (cf «La Croix», « Les journaux diocésains en quête d’un nouveau lectorat », 30.3.17).

Nul doute que beaucoup d’abonnés à EVO âgés, hier engagés dans l’église diocésaine et pour qui cette revue était le lien qui les reliait à la vie foisonnante de notre diocèse, vont regretter cette disparition. Espérons que le diocèse ne les oubliera pas. A noter une première à l’évêché : à l’annonce de la disparition d’EVO, la constitution, parmi la vingtaine de ses rédacteurs bénévoles, d’un comité de soutien à l’unique salarié, secrétaire de rédaction, afin qu’il garde un emploi à l’évêché où il travaillait depuis 16 ans. Un cri entendu.

Jacqueline HUBER